I.E PANITALIANISME ARTISTIQUE EN FRANCE
« comparer. Mais, quant au plan déjà exécuté, je n’y suis absolument pour « rien (i). »
Quant au Primatice, à qui la protection des Guises, lors de l’avènement de } Primatice François II, faisait obtenir la surintendance des « Bâtiments du Roy », bien qu’il n’eùt été employé jusque-là, depuis 1 5 3 5, qu’aux travaux de décoration de Fontainebleau, un historien écrivait sur lui tout récemment ce jugement téméraire : « Comme il avait le choix des architectes, des statuaires ou des « décorateurs, il pouvait exercer une certaine influence sur l’art ; en outre, il « indiquait évidemment aux artistes qu’il employait les sujets à traiter, révisait « leurs projets, très souvent leur fournissait des dessins (2). » Rien n’est moins exact. L’influence du Primatice sur l’Architecture nationale, pendant cette période, resta nulle. Lors de sa nomination, tous les grands châteaux royaux, aucune influence Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Chambord, Villers-Cotterets, Madrid sur
sont achevés. Pierre Lescot continue à avoir la superintendance exclusive du 1 Architecture nationale Nouveau Louvre. Philibert de l’Orme et Jean Bullant sont les maîtres aux Tuileries, dont la construction leur est confiée successivement par Catherine de Médicis, qui a gardé la direction supérieure des travaux. L’hôtel de Soissons est la propriété privée de la reine-mère; et Jean Bullant en sera l’exclusif architecte, du commencement à la fin de la construction. Le Primatice fut bien nommé directeur des travaux de la Chapelle des Valois, à Saint-Denis; mais ces travaux ne commencèrent qu’après sa mort ; Pierre Lescot en eut la commission, après avoir dressé lui-même les plans du monument. L’attribution à cet artiste de divers châteaux, notamment de celui de Montceaux-en-Brie (3), n’est rien moins que fondée, soit sur des documents, ni même simplement sur des traditions constantes. Si son intervention dans la décoration de quelques résidences particulières importantes, telles que Palisy, en Champagne, a pu être établie ; s’il est avéré qu’il a donné les plans du tombeau de Charles de Lorraine à Joinville, on n’en saurait conclure à lui faire honneur de la construction du château de Jean de Dinteville, ni de celle du Grand Jardin, élevé aux portes du domaine familial des Guises, qui passe également pour être une de ses principales œuvres.
On a fait, pendant longtemps, et jusqu’au milieu du xix® siècle (4), de Girolamo délia Robbia l’architecte du château de Madrid au Bois de Boulogne.
Girolamo délia Robbia, ornemaniste du château de Madrid.
(1) Tulle Vopere d' archittelura, libro settimo, cap. 40.
(2) Henri Lemonnier : Histoire de France, édition I.avisse, t. V, p. 341.
(3) Dans une étude publiée au Bulletin de la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1884, p. 246-2S4, M. Lhuillier a cru pouvoir baser une attribution du château de Montceaux au Primatice sur ce fait que l’artiste italien signait, en 1559, en même temps (pie Robert de Beauvais, procureur général de Catherine de Médicis en sa Chambre des Comptes, un devis présenté et signé également par Francisque Seibect, menuisier du roi, à Paris. L’argumentation semble être bien illusoire : La signature de ces actes était une des fonctions essentielles de la charge de surintendant des « Bastiments du roy », dont le Primatice était investi à ce moment-là.
(4) A. de la Borde : Le château de Madrid, in-8“, Paris, 1855.