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CHAPITRE CINQUIÈME

Prix de travaux à l’entreprise.

Grant maison, reçoit un salaire quotidien de 7 sous 6 deniers (1) ; et le maitre maçon en second, 6 sous 3 deniers. Pierre Valence était payé 5 sous 6 deniers, sans doute en dehors du prix des travaux exécutés par lui à l'entreprise, ou à tant la toise ou le pied (2).

A Troyes, en 1507, Jehan Guailde, le maître d’œuvre du fameux jubé de la Madeleine, touche 6 sous 3 deniers par jour pendant l’été, et 5 sous 6 deniers pendant les petits jours « à cause de lui fournir les chandoilles pour ouvrer et le charbon pour le chauffer ». Vers le même temps, Jean de Damas, gendre de Martin Chambiges, chargé de la direction des travaux de la cathédrale, est appointé 40 sous par semaine, « à condition qu’il ne se louera à personne et « qu’avant la fin de sa vie il n’abandonnera l’entreprise commencée (3) ».

A Paris, en 1 53o, Pierre Chambiges, « maistre des œuvres de maçonnerie et pavement de la ville de Paris », reçoit i5 sous par jour, soit environ 400 livres par an (4).

A Chambord, au milieu du xvie siècle, le salaire quotidien de Pierre Nepveu dit Trinqueau, « qui avoit la charge et la conduitte des bastimens », est de 27 sous 6 deniers ; celui de Denis Sourdeau, « qui avoit la conduitte des traits de maçonnerie », de 20 sous ; et le dernier maître d’œuvre du château, Jacques Coqueau, reçoit 400 livres par an (5).

En 1546, Robert Grappin, maître maçon de l’église Saint-Gervais et Saint- Protais à Gisors, est payé 7 sous, G deniers, « par chascun jour ouvrable » ; son fils Jehan touchera, plus tard, 10 sous par jour.

Le marché signé, le 28 avril 1 228, par Gilles Le Breton pour les travaux de reconstruction du château de Fontainebleau (G), contient des renseignements intéressants et curieux sur les conditions de l’entreprise et les prix des travaux de maçonnerie en ce temps.

Le maître maçon-tailleur de pierre est tenu de « quérir et livrer toute la

(1) La monnaie courante, pendant la Renaissance, est la livre tournois, qui se divise en sous et en deniers : i livre = 20 sous; 1 sou = 12 deniers. Les appréciations des économistes et des historiens sur la valeur comparative et proportionnelle entre la monnaie de cette époque et la monnrie d’aujourd’hui, sont très variables. De Wailly, dans un Mémoire sur les variations de la livre tournois, 1857, fixe la livre à 4 francs 23 centimes, en 1539; D’Ayenel, dans son Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées, et de tous les prix en général , depuis Van 1200 jusqu'en Van 1800, 1894, à 3 francs 92 centimes; E. Levasseur, dans son Mémoire sur les monnaies du règne de François 1" , 1902, à 4 francs; Henri Lemonnier, Histoire de France, t. V, à 4 francs. Le pouvoir de l’argent, au xvi* siècle, a été évalué avec de grandes variations également : de 3 à 10 francs, soit une moyenne de 4 à 5 francs.

Le salaire quotidien de Guillaume Senault devrait donc être ainsi établi : 7 sous, 6 deniers x 4X5 = 9 francs 50 centimes.

(2) Deville : Comptes des dépenses de la construction de Gai/Ion, in-40, 1850, p. 29.

(3) Pigeotte : Etude sur les travaux d' achèvement de la Cathédrale de Troyes, in-8°, 1870, p. 84.

(4) Marius Vachon : L'Hôtel de Ville de Paris, 2' édition, 1905, gr. in-40, P- M*

(5) Félibiex : Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royal/es des bords de la Loire, édition de la Société de l’art français, 1874, p. 32.

(6) Les Comptes des Bastimens du roy, t. I, p. 45-50.

CHATEAU UE CHATEAUBRIANT Construit pour Jean cle Laval

LES MAITRES MAÇONS-TAILLEURS DE PIERRE

« pierre de taille de grès et moillon qu’il pourra prendre et choisir au dit lieu « de Fontainebleau et ès environs, ès lieux les plus convenables, liais de « Notre-Dame-des-Champs les Paris, la taille de pierre de grès et liais, bricquc, « chaulx, sable, chariages et voittures, transport eau que par terre, démolitions « et descombres, eschalïaux et engins, peine d’ouvriers et aydeset autres choses « à ce nécessaire, le tout à ses despens touchant le fait de maçonnerie et taille ».

Les prix fixés par le marché pour les travaux les plus importants sont : pour chaque toise de gros mur fait de neuf, 60 sols; pour chaque toise de longueur de « tous les arquitraves, corniches de pierre de taille de grès », 5o sols; pour « chaque lucarne de pierre de taille, des matières, façon et « ordonnance qu’il est spécifié par ledit devis, comprins les remplages de liais », 100 livres; pour « chacun des chapiteaux qui seront faits et garnis et érigés de « molures et enrichissements aux contrc-pillicrs », 7 livres; pour « les jambages, « portans, basses et chapitaux, et aussy pour les sommiers, bendes et claveaux, « portans architraves, frizes et corniches, le tout de pierre détaille pour chaque « manteau de cheminée », 100 livres; pour « chacune des portes et grandes « huisseries qui seront faittes de pierre de taille de grès aux entrées de vis et de « la grosse vieille tour et grande salle, garni de pieds droits ou pilliers, portant « basses et chapiteaux, arquitraves, frizes et corniches et frontespie, remply de « devises et armoiries du Roy, avec palliers et marches de liais pour y entrer », 160 livres; pour « chacune des 16 coulonncs degrés du perron et du portail « d’entrée », 41 livres; pour « chacune des grandes bées de fenêtre qui seront « faittes et érigées aux cabinets du dit portail du costé de l’cstang et lesquelles « seront de pierre de taille de grès garnies de piédroits et pilliers portans et « chapiteaux, arquitrave, frize, corniche et fontespie », 3o livres.

Le fameux portique de l’avant-cour du château de Gaillon, celui qui orne actuellement la cour de l’Ecole nationale des Beaux-Arts, à Paris, fut payé à Pierre Fain, comme main-d'œuvre, C>o5 livres (1). Dans le même château, Pierre Delorme avait pris à l’entreprise la construction de la maison qui portait son nom au prix de 4 livres 5 sous la toise, de « peine d’œuvre », et celle du pavillon d’une belle ordonnance architecturale, et très décoré sculpturalement^ au prix de 6 livres 10 sous la toise, fourniture de matériaux comprise.

Le bail à besogne passé, le 5 mars 1 5 38 , à Toulouse, entre Jean de Bagis, conseiller du roi et Nicolas Bachelier, associé avec Antoine de Lescale, pour la construction des corps de bâtiment de la cour intérieure de l'hôtel, qui porte aujourd'hui le nom d’Hôtel de pierre, contient les prix suivants :

« A esté convenu et accordé que lesd. maistres seront tenuz fère les « fènestres et crozées à l’antique, piliers carrez ou deux demy colonnes rondes,

« pour le pris de quinze escus petits chascune. »

(1) Environ 13.000 francs en monnaie de notre temps.

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