CHAPITRE SEPTIEME
Parfois, les engagements pris par le maître d’œuvre, relativement à la « bonne et deue » execution des travaux, le sont avec des formules fort originales, et d'une saveur de langage de terroir. Ainsi, Nicolas Bachelier, traitant pour la construction du château de Saint-Jory, dans le Lauraguais, déclare, avec assurance, qu’il « bastira le tout solidement, de telles matières et de tel a art et force que aucuns ventz, neiges, grcsle, tempeste, ne aucune fureur de « temps ny pourra nuyre, ny rien gâter de sept générations. »
Les conditions de payement des travaux présentent aussi parfois des singularités pittoresques. Par exemple, à Toulouse, Jean de Bernuy, dans un bail à besogne passé entre lui et Louis Privât, <r massonnier », pour l’achèvement de son hôtel, spécifie qu'il donnera, en outre de la somme fixée, 200 livres tournois pour la dot de sa fille aînée, ou de sa seconde fille, si la première meurt ou ne se marie pas, payable le jour des noces. Très souvent, à l’argent monnayé sont joints des payements en nature; ici, tant de setiers de blé, tant de sacs de farine, ailleurs, une barrique de vin du pays, ou l’autorisation de prendre dans les forêts des propriétaires tout le bois nécessaire pour le chaufiage et la cuisson des aliments dans les loges des maçons-tailleurs de pierre, occupés à des constructions à la campagne (1).
Mengin Paillet, maître des œuvres du comte de Vaudémont, reçoit, en 1 5 1 7- 1 5 1 8, des gages consistant en provisions d’avoine délivrées par ordre (2).
(1) Douais : L'art à Toulouse, passim .
J. I. estrade : L'Histoire de l'art à Toulouse, passim.
(2) Archives île Meurthe-et-Moselle, U. 9.775-10.030, et T. ni, 190.