‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 79 sur 236 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Si, en iôqo, François I01 2 3 4 vint logera l’Hôtel du Bourgthcroulde, cette attention llatteusc, survivant à celui qui l’avait eue, ne fut pas sans doute étrangère à la dérogation à la tradition qui faisait toujours recevoir les souverains à l’hôtel abbatial de Saint-Ouen (1).

Pour les sujets des bas-reliefs supérieurs d’après les fragments d’inscription : « Fama vincit.. », « Tempus vincit.. », et les morceaux de sculpture qui ont résisté aux injures des hommes et aux dégâts des intempéries, Guillaume Le Roux fit choix de quelques-uns des « Triomphes de Pétrarque ». Léon Palustre (2), pour expliquer ce choix, a imaginé une version originale : « Ces bas-reliefs, pense-t-il, furent commandés par l’abbé pour rappeler le souvenir des tapisseries de la suite des « Triomphes » qui, au Camp du Drap d’or ornaient la tente de François Ier (3); de même que, d’après Millin (4), il voulut, dans l’ordonnance de la porte extérieure de l’hôtel, rappeler l’une des entrées de la tente du roi d’Angleterre, « où, rapporte un chroniqueur, il y avoit deux <( grands piliers dorés et sur chacun d’iceulx une image à l’antique, l’une « représentant Cupidon, dieu d’amour, et l’autre le dieu Bacchus qui jetoient « incessamment l’un du vin de Malvoisie et l’autre du vin Clairoit, lequel cheoit « en belles grandes tasses d’argent pour boire à qui vouloit ». En effet, dans les anciennes gravures représentant cette porte, qui a été démolie en 1 858, et remplacée en 1897 par une nouvelle imitée de l’ancienne, on remarque la disposition particulière de sortes de contreforts latéraux contenant des niches destinées à recevoir des statues. La porte subit aussi, à l’intérieur, des modifications motivées par l’ornementation spéciale de la galerie. Au gable fleuronné de l’arc surbaissé, de caractère ogival, il fut ajouté deux pilastres couverts d’arabesques, qui portent deux médaillons encadrés d’une couronne, représentant l’un François Ier et l’autre Henri VIII, et qui se terminent par une colonnette candélabre que traverse un cartouche où est gravé le monogramme G. L. R., initiales du nom de Guillaume II Le Roux. Les deux pilastres sont reliés, à la hauteur du sommet et du gable, par un bandeau également couvert d’arabesques.

Sur la façade du corps d’hôtel, l’abbé fit placer sept bas-reliefs, ayant pour but évident de la mettre en harmonie de physionomie sculpturale avec la galerie. Ces bas-reliefs n’ont rien de commun, ni comme sujets, ni comme dimensions

(1) Dans la légende de la gravure représentant cet hôtel, édifié par Antoine Bohier, que contient l’ouvrage de Dom PüMMERAYB : Histoire de l'abbaye royale de Saint-Ouen, on lit ces vers :

D’Amboise et de Boyer les riches baslimens Servent à leur piété d’illustres monumens ;

Rouen fut le beau lieu de leur magnificence,

L’un loge des Prélats, l’autre nos Roys de France.

(2) Léon Palustre : La Renaissance en France, io* livrais., p. 294-296.

(3) Exposition d’art rétrospectif au Trocadéro, en 1878, collection Leclanché.

(4) Millin : Les antiquités nationales, t. IL

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