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CHATEAU DE FONTAINE-HENRI

LES MAITRES CAENNAIS

identité ait pu être établie. Cette présomption aujourd’hui est une certitude.

Biaise Le Prcstre est incontestablement l’auteur de ce château que se fit bâtir un riche marchand de Caen, un Le Sens, rival, en puissance commerciale, et en goûts artistiques, de Nicolas Le Valois, d’Etienne Duval, et de Thomas Morel, et qui fut, comme eux, anobli par Henri II pour services financiers rendus au roi, à la province et à la ville.

Quant à Abel Le Prcstre, les « Eloges » de Jacques de Cahaignes lui Abel Le Prestre. attribuent formellement la façade de l'hôtel que le médecin fit bâtir dans la rue de Cathehoule, qualifiée par Bourgucville de Bras de « bellissime rue », et

qui est aujourd’hui la rue de la Geôle. La date de la construction de cette façade ,

a f . rr rro ’ , . , *. , , L Hôtel de Cahaiimes.

peut être fixée entre i ooo et i50a. Cette présomption s appuie sur les considérations qui suivent : En 1 538, à l'époque où l’on pensait (i) qu’il l’avait commandée, Pierre de Cahaignes, d’après le Matrologe de la Faculté de Médecine (2), n’était qu’un simple étudiant. Le 3 septembre i5q3, seulement, il passait sa thèse de docteur. Ce n’est donc qu’à partir de ce moment qu’il put exercer la médecine, et, comme il était d’une famille peu fortunée, ce n’est pas avant quelques années de profession qu’il put amasser l’argent nécessaire à l’acquisition et à l’embellissement de sa maison. En outre, on sait, aujourd’hui, par les registres du Tabellionnage de Caen (3), que Pierre de Cahaignes acheta, en i5q8, d’un de ses parents, Pierre de Perières, escuyer, seigneur de Touschet, une maison neuve, qui faisait partie des propriétés que celui-ci possédait à Caen, et sise « au carrefourg de la paroisse Saint-Pierre, tant sur le dit carrefourg que aux rues de Cattehoulle et de la Grande rue ». C’est après avoir acheté cette maison que le médecin songea à en faire reconstruire la façade par Abel Le Prestre. A la trop courte description, faite par Jacques de Cahaignes, de l’hôtel paternel, on peut ajouter le complément de quelques détails caractéristiques : l’encadrement de la façade par des pilastres ornés dedisques et de losanges; l’ornementation composée de quatre médaillons renfermant alternativement une tête d'homme ou une tête de femme, qu’entoure une inscription en caractères romains tirée des « Triomphes » de Pétrarque :

Amor vincit amorem.

Pudicitia vincit amorem.

Fama vincit amorem (4).

Le décor du linteau de porte est formé de volutes au milieu desquelles on remarque un singe jouant avec un dauphin. Des lucarnes ajouraient le comble.

(1) Léon Palustre.- Ibidem.

(2) Malrologium saluberrima ac ce pi fera modicorum facultatis : manuscrit in-folio de la I3iblin

thèque tle Caen, n° 66, i*, 86.

(3) Archives du Calvados : Document découvert par Henri Prentout.

(4 y Léon Palustre a supposé qu’il devait y avoir primitivement, à la place des deux fenêtres modernes, deux autres médaillons complétant la moralité :

« Tempus vincit famam. »

« Eternitas seu Divinitas omnia vincit. »

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