VIII PRÉFACE
nationale. An premier chapitre, « L'essor national », il expose la signification du terme « Renaissance », sa précision, après cette guerre qui faillit dissoudre notre nationalité, et qui, tout à l'opposé, après de tragiques événements, a délivré notre pays, « en boutant hors de France » le voisin qiii ambitionnait de faire de notre nation ime colotiie.
M. Marins Vochon, d'accord avec le moderne historien de Jeanne d'Arc (j ), jait valoir, après les convulsions de la Guerre de Cent ans, la spontanéité du mouvement de <( Renaissance » au point de vue monumental, V extraordinaire sentiment qui poussait les Français à un puissant essor. Et, comme si les calamités, pendant plus d'un siècle, n'avaient pas accablé, dispersé nos artistes, nos bâtisseurs d'églises, nos « maistres maçons », comme les qualifiaient nos anciens, ces « maistres d'œuvres », ces architectes n'avaient rien perdu du sens le plus élevé de l'Art. Tout en suivant ses transformations, continues, et avec quelles perfections, du xf siècle jusqu'au milieu du xv", n'avaient-ils pas élevé des édifices de toutes formes et de toutes conditions, propres aux services auxquels ils étaient destinés, depuis les cathédrales jusqu'aux hôpitaux? Et, cela sans traditions étroites, libres enfin d'aller de l'avant, avec un passé admirable comme a été notre Moyen âge français, qui a conçu tant d'édifices où notre vision d'art s'est imposée au monde, grâce à nos écoles ecclésiastiques, notamment celle de Cluny, dont on a célébré le millénaire en septembre. On peut, on doit le dire, et le redire, le génie français n'a pas cessé, soit par les laïques, soit par les moines Bénédictins de Cluny, tenant école d'art, de rayonner sur le monde chrétien, aussi bien à l'époque du Moyen âge qu'à la Renaissance; et s'est brillamment contimié jusqu'au milieu du xvif siècle.
Le second livre de u La Renaissance française » est consacré aux monographies des grands maitres maçons-tailleurs de pierre, et à la description de leurs créations architecturales.
M. Marins Vachon a étudié les monuments, a consulté les pièces d'archives, les publications, si précieuses, des Sociétés d'Archéologie et d'Art, les ouvrages des historiens de la Renaissance, comme Léon Palustre, très français, même comme Eugène Muntz, trop italianisant. Avec sa méthode sûre et harmonieuse, son érudition, son sens juste, et ses connaissances précises, il a embrassé la multitude des œuvres françaises de « France ». 7/ n'a point dépassé nos frontières, mais c'est sur le monde d'autrefois conmie sur Ir monde d'aujourd'hui, qu'il aurait pu faire valoir le rayon-
(i) (JAiiRiiM. llANdTAUN, dc l'Acaïk-uiie fiaiivaise.