QUELQUES MAÇONS NOTABLES
chantiers du Nouveau Louvre, après être allé apprendre en Italie le métier d'architecte aux frais de Jean II de Buisson, d'après une tradition qui n'est confirmée par aucun document, et qui semble inexacte.
Une sorte de légende veut que le château resta inachevé parce que le maître maçon, au cours des des travaux, fut tué par la chute d'un échafaud monté pour l'érection sur le toit d'une figure en plomb représentant un pélican. Après la mort de Baduel, Guillaume Lissorgues fut chargé de continuer la construction, qui n'a jamais été terminée, pour des causes que l'on ignore.
Bournazel est une des plus originales œuvres de la Renaissance, et constitue un type fort intéressant de l'architecture privée dans le Midi de la France. L'édifice se compose de deux corps de bâtiment en équerre. Le corps septentrional comprend cinq travées, présentant, en élévation, une ordonnance de deux ordres, le supérieur dorique et l'inférieur ionique. Entre les colonnes s'ouvrent les fenêtres encadrées dans un petit portique de légers pilastres supportant un fronton. L'entablement de l'ordre dorique ressaute au droit des colonnes; et les métopes ont une riche ornementation de motifs sculpturaux divers : cavaliers, trophées d'armes, bucranes, etc. L'entablement de l'ordre ionique, sans ressauts, a une grande frise à enroulements d'une élégance particulière. Le toit est percé de hautes lucarnes. A l'extérieur, le corps septentrional a un aspect sévère. Le corps oriental continue les lignes architecturales du septentrional, mais présente des dispositions différentes de façade. Au rez-de-chaussée, les colonnes sont engagées dans des ressauts très saillants, qui motivent des voussures à caissons, dans lesquelles s'insèrent les fenêtres à plein cintre et en retraite. La saillie des ressauts est utilisée, à l'étage supérieur, pour l'établissement d'une galerie à voussures caissonnées, au moyen de laquelle on peut traverser l'étage, sans passer par les appartements. Deux tours rondes flanquent les encoignures de ce corps de bâtiment ; et il s'y accote un pavillon en retour servant de cage au grand escalier. Une amorce de muraille près du corps de bâtiment septentrional fait supposer que la cour n'était fermée que par un mur de clôture, et que le maître d'œuvre n'éleva jamais la deuxième aile.
Bournazel fut saccagé et fort dégradé au commencement de la Révolution, en 1790, à la suite d'un mouvement populaire contre le seigneur qui l'habitait; mais il a été restauré avec goût à la fin du xix" siècle.
La Ville d'Auch eut, au xvi" siècle, un maître maçon qui paraît avoir joui En Ga.scognc.
d'une grande renommée : Jean de Beaujeu. Cet artiste, dont l'origine n'est point connue encore, vint s'y établir au commencement du xvi' siècle. En 1547, il Jean d.,- Bcaujcu. remplaçait Méric Boldoytre à la maîtrise d'œuvre de la cathédrale. On lui doit l'achèvement du côté occidental de la nef, ainsi que le portail à trois portes, et le porche qui le précède. Sur le côté nord du portail, on lit, en cflet, cette inscription :
Jo. D. Beaujeu iac. an. i56o,
et, sur le côté sud, cette autre :
Jo. D. Beaujeu faciebat anno 1567.
En 1554, Jean de Beaujeu « visitait » l'église de Galan, qui venait d'être terminée, et recevait, pour ses honoraires et frais de déplacement, la somme de 9 livres 14 sols.
On fixe à i568 la date de la mort de ce maître maçon.
Jean de Beaujeu avait marié, en iB52, sa fille à Michel Chambry, « maistre des œuvres delà Ville d'Auch », qui travailla avec son beau-père à Sainte-Marie, jusqu'en i568.
Hervé Boulard. A l'histoire architecturale du château de Pau, se rattache le nom d'Henri
Boulard, qui fut « architecte et ingénieur de Henri HI, roi de Navarre », tout en étant maître maçon-tailleur de pierre. La première mention officielle qui soit faite de lui se trouve dans un payement de 38o livres pour avoir élevé la Salle des archives dans la grande tour du château de Pau. En 1659, il donne les plans d'un moulin à l'Ile-Jourdain, en Armagnac, que construisent Antoine de Lescale et Dominique Bertin. Quatre ans après, il figure dans un compte comme architecte du château de Pau ; en i582, il répare la Tour castillane. On le trouve, deux ans après, à Nérac, où il dirige des travaux exécutés au château, et entreprend la construction des fortifications.
En Guyenne. En Guyenne, il n'y a guère à mentionner qu'un seul nom de maître maçon-
tailleur de pierre paraissant avoir eu quelque notoriété à la Renaissance ; celui Guirault du Pommier, j^ Quirault de Pommier « maistre des œuvres du Roi en Guyenne », mort en i525, et inhumé dans l'église Saint-Eulalie, à Bordeaux, dans la chapelle de la Vierge, où un petit monument a été élevé en son honneur.