‹ La renaissanceChapitre 101 sur 189 · LA SENTINELLE · texte numérisé non relu

LA SENTINELLE

Voilà César Borgia.

l'enseigne.

Que nous sommes tombés bas!... Et moi qui vous commande!... Quelle misère!

LA sentinelle.

Tant qu'on existe, on marche et l'on peut remonter!

l'enseigne.

Vous n'êtes pas découragé?

LA sentinelle.

Enragé!... On m'a ouvert ma prison, me jugeant inoffensif. Comme on se trompe!... La France m'a abandonné et dépouillé!... L'Italie se vante de me croire mort!... Ah! sainte vengeance!

l'enseigne.

Pour moi, je n'y songe pas. Je ne demande plus qu'à gagner mon pain et à le manger sans bruit Faites-en autant; croyez-moi, nous sommes vaincus.

la sentinelle.

Cœur lâche î Aussi longtemps que j'ai dans le corps un souffle, c'est un souffle de haine et d'appétit

l'enseigne.

Grand bien vous fasse! Vous y casserez vos dernières dents... En attendant, je vous relève; venez vous réchauffer. Voici le petit jour; l'ennemi recommence à tirer sur nous.

Un coup de fauconneau parti d'un bastion atteint la sentinelle en plein corptt

Sangdieu! Le voilà par terre!... Don César!... Il est mort!,.. Ecrasé dans la boue comme un ver, lui, le plus orgueilleux des démons!... Mille millions de diables!... Ne restons pas là... Allons nous réchauffer !

L'enseigne et les soldats s'éloignent; des valets d'armée se jettent sor t» corps de la seatinelle, le dépouillent tout nu et le lancent dans le fossés

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