‹ La renaissanceChapitre 116 sur 189 · LE BATARD DU FAT · texte numérisé non relu

LE BATARD DU FAT

Je ne porte pas votre guidon depuis longtemps, monseigneur, et pourtant, moi aussi, j'ai vu des changements.

BAYART.

Quand nous sommes venus avec le roi Charles, de victorieuse mémoire, nous étions comme de bons paysans, sortant de leurs villages, balourds, mal façonnés, et les Italiens se raillaient de nous, comme nous-mêmes nous rions aujourd'hui de pos lansquenets qui nous paraissent rustiques, soit dit sans vous offenser, monseigneur de Sucker.

LE CAPITAINE SUCKER.

Nous avons en Allemagne de plus grands savants qne les vôtres! Les Italiens, qui font tant les renchéris, ne sont pas fâchés de s'adresser à nous pour obtenir des architectes. Nous leur bâtissons leur Dôme de Milan, et nos peintres, comme Albert Diirer, leur donnent des leçons.

BAYART.

Voyez-vous comme j'ai raison de dire qu'il y a biea des nouveautés depuis quelques années! Aux alen-

tours de la bataille de Fornoue, vous n'auriez jamais entendu, à un bivac, un capitaine de lansquenets se vanter d'architectes et de peintres! On ne pensait alors qu'au vin, aux filles, à la maraude, et tableaux et statues n'étaient bons qu'à mettre en pièces.

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