VALORI
Je vous assure, seigneur Nicolas, qu'en tenant compte de toutes choses et en se défendant d'exagérer ses désirs il n'y a que des sujets de satisfaction.
MACHIAVEL
J'aimerais mieux que vous n'eussiez pas besoin de
VOUS le démontrer. Ce qui est certain, c'est que sous le manteau les partis hostiles à notre établissement sont plus exaspérés que jamais. Les Arrabbiati laissent même percer, depuis quelques semaines, une audace qui me donne à réfléchir; les Palleschi en sont presque à avouer leur intention de nous ramener les héritiers du magni&que Laurent; les Compagnacci lèvent la tête et, en pleine rue, profèrent leurs propos grossiers contre Frère Jérôme. Je remarque que beaucoup de gens les laissent parler et même s'amusent de leurs saillies, tout en les désapprouvant. Pour les Tepidi, nous savons positivement qu'ils font des recrues parmi ceux que fatigue un renoncement à tous les plaisirs, un peu excessif pour le tempérament commun. Enfin, les gouvernements du voisinage, les Milanais, les Siennois et les autres s'effrayent des adjurations de notre saint prédicateur. On l'accuse de vouloir dépouiller les riches au profit des pauvres et d'être un maître démagogue. Rome est circonvenue et multiplie ses monitoires. Encore hier, il en est arrivé un, et Frère Jérôme a reçu défense de continuer ses prédications.
VESPUCCIO.
Cette défense est des plus molles; Frère Jérôme n'en tiendra aucun compte. Que concluez-vous?
Il faudrait peut-être demander aux Florentins moins de perfections, et tendre à les gouverner non comme on voudrait, mais comme on peut