LE CARDINAL PICCOLOMINI
Il est bien malade; mais tout indique qu'il commande à son corps comme il a toujours commandé à la volonté des autres. Je ne suis pas d'avis d'accepter ses propositions.
LE CARDINAL COPIS.
Prenez garde! il s'est réconcilié avec les Orsinî. Il ne faudrait pas traiter en ennemis ces gens puissants qui demandent à nous aider.
l'ambassadeur de FRANCE.
Je conseillerais de ne pas se brouiller avec M. de
Valentinois. Il a bien de l'esprit ; il tient les plus fortes positions; son artillerie est nombreuse, et ses coffres regorgent d'argent.
l'ambassadeur d'espagne.
Si l'on s'accorde avec M. de Valentinois, je demande, au nom du Roi Catholique, qu'on admette de même nos troupes et nos alliés, entre autres don Prospero Colonna et tous ceux de sa maison.
l'ambassadeur de FRANCK.
Alors, c'est admettre l'anarchie !
l'ambassadeur d'espagne.
Elle me semble encore mieux représentée par vous que par nous!
le CARDINAL DE LA ROVÈRE.
Voici la décision du sacré Collège. Le conclave va se réunir le plus promptement possible pour remplir la vacance du trône. Jamais la présence salutaire d"un souverain pontife ne fut plus à souhaiter que dans cette crise terrible où les âmes et les corps sont également en péril ! Il ne convient pas qu'une si auguste assemblée se tienne au milieu du fracas des armes. Non, messieurs, non ! Cela ne convient pas, cela ne sera pas ! Français, Aragonais, Colonna, Orsini, tout ce qui a l'épée au poing sortira; M. de Valentinois Sortira comme les autres ! Il ne demeurera ici que des troupes pontificales!
l'ambassadeur de FRANCE.
Monsieur le cardinal, j'ai peine à croire que le Roi mon maître approuve de pareilles mesures.