‹ La renaissance monumentale en France; spécimens de composition et d'ornementation architectoniques, empruntés aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIVChapitre 18 sur 31 · DANS LA CATHÉDRALE DE RODEZ · texte numérisé non relu

DANS LA CATHÉDRALE DE RODEZ

Saint Martial, réputé l'apôtre du Rouergue par de vieilles traditions, fonda, dit-on, à Rodez, une chapelle en l'honneur de la Vierge, et plus tard saint Amans, premier évêque

de la ville, y éleva authentiquement une basilique, que saint Sidoine - Apollinaire fut

invité à venir consacrer. On ignore, d’ailleurs, si la basilique de Saint-Amans occupait le.

même emplacement que l'église actuelle; on sait seulement que l’origine de celle-ci remonte pour Je moins au temps de saint Dalmas, qui, monté sur le siége pontifical de

todez vers 516, bâtit un nouvel édifice, également dédié à Notre-Dame, et dont l’écroule-

ment plus ou moins complet eut lieu le 16 février 1275. L'évèque était alors Raymond de Calmont; il s’occupa avant tout d'exhumer les reliques ensevelies sous les décom bres, et s’eflorçca ensuite de tout disposer pour réparer. promptement le désastre; mais il mourut top tôt pour obtenir des résultats importants, et la reconstruction entreprise par lui, souvent interrompue, et mollement poursuivie, n'a produit qu'un monument hybride où se distinguent quatre principales périodes : les premières travées du chœur, de même que les chapelles situées à l'entour, datent du xiv° siècle; le reste du chœur et une grande partie de la nef sont du xv'; au premier tiers du xvi° appartiennent un autre tronçon de Ja nef et

la grande tour hors d'œuvre, décorée dans le style ogival quaternaire; enfin, l'art de la Renaissance est représenté par la façade, demeurée incomplète, la porte de la sacristie, l'ancienne clôture du chœur et un magnifique orgue. - Nous nous bornerons à parler

de l’orgue et de la clôture.

L'église Ruthénoïise a compté plusieurs prélats éminents; mais le p

us célèbre de tous est François d'Estaing. Descendant d’une antique famille du Rouergue, il naquit en 1460, et, après avoir fait ses études à Lyon, il alla se faire recevoir docteur en droit à Padoue. Nommé, en 1501, évêque de Rodez, il y vint habiter, s'y rendit populaire par sa charité,

et y mourut en odeur de sainteté le 1” novembre 1529. Honoré du titre de vice-lfgat,

adonné à l'étude de la littérature et des beaux-arts, il mérita d’être compris au nombre

des bienfaiteurs de son église, en laquelle il fit exécuter des travaux importants. Il garnit Le] cl Le]

colonnes de même

en effet le sanctuaire d’une balustrade en bronze, et orna l'hôtel de six métal. On lui doit la haute tour hors d'œuvre, achevée en 1526, sous la direction du maitre maçon De Cusset, et il avait projeté de fermer le chœur d'une riche clôture à jour, qu’il ne lui fut pas donné de terminer, comme on voit par le texte d'une des inscriptions

suivantes, gravées sur un linteau de la portion qui en subsiste :

FRANCISCVS, CL\RO STANNORVM SANGVI

NATYS, EGREGIVM CHRISTO HOG EDIFICAVIT OPVS.

SERIVS IN CELESTIA SI DEVS REGNA VOG4

VIDISSES OMNI LILIA TERNA CHORO !;

SED TANDEM IN DOMINO FELICI More soprrvs, M + 5 - el

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