‹ La renaissance monumentale en France; spécimens de composition et d'ornementation architectoniques, empruntés aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIVChapitre 21 sur 31 · HOTEL DE VILLE DE BEAUGENCY · texte numérisé non relu

HOTEL DE VILLE DE BEAUGENCY

Au commencement du xve siècle, les habitants de Beaugency n’ayant point encore de lieu convenable pour tenir leurs assemblées municipales et rendre la justice, sentirent la nécessité de bâtir, dans ce but, un édifice spécial. En 1526, les Échevins, désignés alors sous le nom de Procureurs de la ville, furent donc autorisés par la commune à acheter une hôtellerie dite de la Croix blanche, située en la grande rue, devant le Jeu de paume de la comtesse de Dunois, et, sur l'emplacement de cette auberge, ils firent élever la jolie maison de ville, qui est restée l’ornement de la cité”.

L'intérieur de l'hôtel de ville de Beaugeney ne consistait primitivement qu'en deux salles; l’une, au rez-de-chaussée, et l’autre, au premier étage. La salle du rez-de-chaussée, aujourd'hui subdivisée en plusieurs pièces par des cloisons, paraît avoir toujours été assez nue; et, quant à la salle du premier étage, où mène un escalier hélicoïide hors d'œuvre (voir le plan), on n'y trouve plus de remarquable que les poutres et les solives à profils encore gothiques du plafond (I* pl. de détails, fig. 5 et 6). Actuellement l'intérèt du monument se concentre tout entier dans la décoration de sa façade. Elle présente, à l'étage inférieur, une porte en plein cintre, surmontée d'un baie géminée, et placée entre deux grandes arcades surbaissées, dont on ne s'explique pas les largeurs inégales ?, et dans les reins desquelles sont placés quatre médaillons encadrant des bustes. L'étage supé-

rieur est orné de pilastres, et percé de trois larges fenêtres à croisillons; dans les alléges

sont six compartiments où l'on voyait sculptées les armoiries du cardinal de Longueville, de François, comte de Dunois, son père, du due de Longueville, son frère, et, en même temps, la Salamandre de François I. La Salamandre est demeurée intacte, mais les armoiries ont été effacées en 1793, ainsi que la multitude de fleurs de lis dont le parement de l’édifice était couvert, et dont on distingue très-bien les traces. Au-dessus des fenêtres règne

une corniche à coquilles et à modillons. Aux deux extrémités de l'édifice, elle se projette

le mur d'appui est détruit; mais nous ayons trouvé assez de

4. J. N. Pellieux, Essais historiques sur la ville de Beaugency et ses environs, p. 337 (in-18, Beaugency, an vint). traces de ce dernier pour le restituer avec sécurité.

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