Ch. 191, t. IL, p. 287 B et 288 A. | Ville
3. Brice en fait un élève de Michel-Ange qui mourut en | k. Un Colin Byart, maître maçon en la ville de Blois, fut 1556; mais Biart ne peut être né assez tôt pour avoir étudié employé au château de Gaillon dans les premières années du sous Michel-Ange. Il eut un fils, talent médiocre, à qui Sau- xvif siècle, et travailla, dit-on, au pont Notre-Dame à Paris.
ah LA RENAISSANCE MONUMENTALE.
et colés contre leurs genoux. La tête leur tomboit sur l’estomac, mais si appesantie de tristesse, qu'elle entraïnoit le reste du corps par son poids. Un talon et une jambe sembloient venir au secours d’un abattement si extraordinaire, avec si peu de fermeté
pourtant, qu'il étoit aisé de juger que cela se faisoit plutôt par quelque instinct de nature
que par aucun soin que ces pauvres malheureux prissent de prolonger leurs vies plus longtemps. En un mot, on ne pouvoit voir une tristesse ni mieux conçue, ni exprimée plus naïvement, ni un renversement de corps plus désespéré partout le corps. L'anatomie étoit si bien entendue, particulièrement sur les épaules et sur le ventre couvert de plis écrasés, qu'on y remarquoit toutes les différentes passions que la nature donne à ceux qui sont véritablement affligés. Enfin, ces captifs, en la posture où Biart les avoit mis, disoient plus de choses par leur contenance muette qu'ils n’auroient fait dans une harangue longue et étudiée !. » Riart mourut, dit-on, le 17 septembre 1609, âgé de cinquante ans.
Barthélemy Prieur? appartient bien plus au xvr siècle qu'au xvn°, car si nons le voyons aussi nommé sur les états de la maison du roi en 1608 et 1609, il se trouve déjà mentionné sur ceux de Henri I, avec le titre de « sculpteur de Sa Majesté » et porté pour 30 livres tournois de gage. Nous pensons que c’est bien plutôt vers cette époque que sous Henri 1V, qu'il exéenta les bas-reliefs encadrés dans les tympans des arcades de la petite galerie, et représentant des Renommées, ainsi que les génies de l'Astronomie, de l'Agriculture, de la Musique et de l’Architecture, Les bas-reliefs du pavillon de Lesdiguières pourraient être également de sa main. On ne donne point la date de sa mort. Au nombre de ses derniers ouvrages durent être des statues de plâtre, ayant huit pieds de haut, qu'il exéeuta pour l'entrée solennelle de la reine Marie de Médicis, et par marché passé avec la Ville, le 5 avril 1610, au prix de 165 livres tournois par figure. Le texte du marché fait savoir qu'il demeurait «ès faulxbourg Sainct-Germain, rue Garancière # ».
L'étage supérieur de la petite galerie fut élevé, d’après le témoignage de Sauval, par les architectes Plain et Fournier, qui sont restés les plus inconnus parmi les constructeurs du Louvre, car on n’a jamais cité d'eux que leurs noms. Des registres de la Ville nous ont fait savoir que Fournier, dont le prénom était « Loys », avait le titre « d’architecte » et de « juré du Roy en l'office de maçonnerie»; que, le 25 février 1602, il assista à une réunion d'hommes de l’art convoqués pour donner leur avis sur un projet de
réservoir à bâtir aux Halles5; qu'au mois de juin 1607, il fut assigné au Châtelet, à
ON on ere | L. Reg, H 1795, © 130 r°.
2. Par une singulière contradiction, M. de Clarac admet | 5. Le projet était de l'architecte de la Ville, Pierre Guillain, que Prieur était élève de Germain Pilon et qu'il travailla en et la réunion se composait, en outre de Fournier, de Pierre 1545 à Écouen. Si Prieur avait été employé à Écouen en 1545, | Chambiges, François Petit, Robert Marguelet et Claude Velleil eût été plus qu'octogénaire en 1607, époque où il sculptait | faux (alias Veillefaux) tous parcillement « jurez du roy en encore, l'office de maçonnerie. » Reg. H 1792, f° 749 r°.