‹ La renaissance monumentale en France; spécimens de composition et d'ornementation architectoniques, empruntés aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIVChapitre 7 sur 31 · Parmi les principaux, il faut compter la sculpture des · texte numérisé non relu

Parmi les principaux, il faut compter la sculpture des

tympans de l'ordre colossal, que Levau fit faire vers 1660,

furent pratiqués en 1759, sur l'ordre de M. de Marigny. Celui qui était en face de la rue Fromenteau est d’une origine plus ancienne encore que la galerie; celui qui correspondait à la rue Saint-Thomas fut ouvert par arrêt rendu, à la demande des habitants du quartier, le 26 mars 1639, mais cet arrêt ne fut exécuté qu'à la suite d'un autre du 28 novembre 1643.

4. Histoire de Charles IX, dans la Fe des grands capitaines, éd. Buchon, t. I, p. 560.

guères qu'ils (les protestants) virent sur la riviére et venir droict à ceux qui estoyent encores ès fauxbourg, jusqu'à deux cens soldats arméz de la garde du Roy, qui estoit aux fenestres de sa chambre, et pouvoit estre alors environ sept heures du dimanche matin. Encores dit-on que le Roy, prenant une harquebuze de chasse entre ses mains, en despitant

Dieu, dit : Tirons, mort-Dieu, ils s’enfuyent !. » D’Aubigné, ax

i protestant, parlant de lettres signées par Charles IX, fait remarquer qu'elles l'avaient été « de la mesme main |} 2 ‘) de laquelle ce prince géboïoït de la fenestre du Louvre, aux pauvres passans ? » : et} dans F1 I F2 ?

ses Tragiques, revenant à cette idée, s'écrie :

« Ge roy, non juste roy, mais juste arquebusier,

Giboyoit aux passans trop tardifs à noyer, Vantant ses coups heureux... 5»

Enfin on lit dans les notes de la Æenriade ! : « Plusieurs personnes ont entendu conter à M. le maréchal de Tessé que, dans son enfance, il avait vu un gentilhomme âgé de plus de cent ans, qui avait été fort jeune dans la garde de Charles IX. Il l'interrogea sur la > 5 8 Saint-Barthélemy, et lui demanda s'il était vrai que le Roi eût tiré sur les huguenots : C'était moi, monsieur, répondit le vieillard, qui chargeais son arquebuse. » Telles sont ? ? Le) les preuves aflirmatives du fait, auquel a cru Bossuet lui-même, et dont on n'a point douté pendant un long temps. Depuis, on a jugé à propos de s'inscrire en faux contre le triple témoignage de Brantôme, de Goulard et de D’Aubigné; mais nous nous sommes inutilement efforcé de trouver la moindre allégation tendant réellement à l’infirmer. On a dit que les Le) historiens protestants n'avaient point relaté l'événement, ce qui est matériellement faux,

comme nous venons de le constater; on a ajouté que Brantôme était un gascon; on a

raillé une ineptie des Révolutions de Paris de Prud'’homme, tourné en ridicule un mouvement oratoire de Mirabeau, etc. 5. Sont-ce donc là des arguments qui méritent qu’on s'y arrôte? De tous ceux qu’on a mis en avant, un seul produit quelque impression au premier abord : la fenêtre, a-t-on dit, n'était point bâtie en 1572. Peut-être, avant de trancher si intrépidement la question, aurait-il été indispensable de l’approfondir quelque 7 I

peu, et d'avoir, par des études spéciales, acquis le droit d'en juger. Quoi qu'il en soit, on va voir ce qui reste de l'assertion quand on la soumet à une critique sérieuse 6.

Nous avons établi, par des documents irréfutables, que la grande galerie et la petite,

1. Mémoires de l'estat de France, éd. de 1578. t. L, du protestantisme, années 1857 et 1858, où le fait a été f° 294, v° l'objet d’une longue et fort instructive discussion.

2. Histoire universelle, t. WE, liv. K. p. 21 de l'édition de | 6. On ne parviendrait point à en rendre évidente la fausseté, 1618. que ceux qui nient le fait reproché à Charles IX, ne pour-

3. Voir la nouvelle édition des Trugiques, publiée récem- raient aucunement en arguer, 1° parce que nous avons les ment par M. L. Lalanne, pour la Bibliothèque elzévirienne. moyens de faire voir que, au lieu même où est l'extrémité de

4. À propos de ces vers du chant II : la petite galerie, il y avait, antérieurement à sa création, une

Re ; construction encore plus commode pour tirer sur des gens Que dis-je! à crime! à honte! à comble de nos m

Le Roi, le Roi lui-même, au milieu des bourreau

traversant la Seine, car elle avait été faite dans un but analogue, bien avant les guerres de religion; 2° parce que Bran- 5. Voir à ce sujet le Bulletin de la société de l'histoire tôme et Goulart disent que le Roi tira par la fenétre de sa

GRANDE ET PETITE GALERIE DU LOUVRE. 21 qui en dépend, avaient été commencées en 1566, et abandonnées, au plus tard, vers le commencement de 1572. A cette époque, la petite galerie se prolongeait-elle jusqu’à l’affleurement de la grande, ou, ainsi qu'on s’est plu à le supposer, ne consistait-elle encore que dans les travées centrales, les trois plus voisines de la rivière n'ayant été élevées que du temps de Henri IV? Il y a une preuve que la petite galerie, à l'époque de la Saint-Barthélemy, avait la mème longueur que de nos jours. Cest le plan de Du Cerceau, paru en 1576, fait au moins en 1575, et qui représente les bâtiments du Louvre dans l’état d’inachèvement où ils se trouvaient alors. En effet, sur ce plan, la petite galerie est figurée comme atteignant et dépassant même l'alignement de la salle des Antiques, absolument comme aujourd'hui, et la baie du balcon avec ses doubles pilastres est indiquée de la manière la plus nette. Ainsi, il est matériellement certain que la baie existait déjà en 1575; mais puisque les travaux des galeries furent interrompus à la fin de 1571, elle existait donc déjà à cette dernière date.

Nous ne voulons point dissimuler que des personnes dont le sentiment a une haute valeur, et qui, elles, ont le droit d’avoir une opinion en semblable matière, ont cru que la baie de la petite galerie n’était point d’origine antérieure au règne de Henri IV. La raison de leur erreur est le remaniement très-soigneusement fait dans la maçonnerie de cette partie, et qui en à changé le caractère. Cependant un examen attentif amènera toujours à reconnaitre que la baie du balcon et ses pilastres, jusqu’à la corniche, ont été construits dans le même temps que les sept arcades de goût italien, faisant face sur le jardin de l'Infante, et dont le style accuse si bien la période de Charles IX. La similitude est telle entre l’arcade du midi et celles de l’orient, qu’elle se perçoit immédiatement jusque dans le faire de l’ornementation et des bas-reliefs des tympans. Ce qui a a eu lieu, le voici : ainsi qu’on l’observe sur le plan de Du Cerceau, la galerie présentait d'abord, à son centre, un avant-corps A (voir la planche, fig. 1“), de chaque côté duquel il y avait six baies semblables @& a a a! a' a !; l'avant-corps central A est resté intact, ainsi que les trois baies de chaque côté &&a qui en sont le plus rapprochées; mais les autres a! aa ont été refaites et d’arcades transformées en fenêtres (bb, fig. 2) par leur rétrécissement, le changement de leur are plein cintre en are bombé, et la suppression des pilastres qui les séparaient. En même temps, on a repris les encoignures de la face sur le quai, et on les à garnies de bossages vermiculés ce, sans pour cela toucher à la baie B de l’avant-corps regardant sur la rivière, et c’est ce qui fait que cette baie a conservé son ancienne ordonnance, si peu en harmonie avec les parties, relativement modernes, dans lesquelles elle est encadrée. Il est manifeste que, si l'extrémité méridionale de la galerie avait été fondée, et non point simplement remaniée au temps où lon fit les fenêtres bom-

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