‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 102 sur 182 · Poète cordonnier de Toulouse. V. I* partie, ch · texte numérisé non relu

Poète cordonnier de Toulouse. V. I* partie, ch

Carcassonne, tel que Daveau5, coiffeur comme Jasmin, sa gloire émeut aussi le cœur des Provençaux. Dès 1844 Roumanille lui adresse la dédicace d’un poème, puis son livre Zi Margarideto, sans que Jasmin d’ailleurs ait daigné l’en remercier‘. En 1847, on le voit à Nimes, salué par Reboul, en 1848, il est à Avignon,

-et Roumamnille vient le saluer à l’issue de la séance.

« Qui êtes-vous donc? fit l’Agenais au poète de Saint-Remy? — Un de vos admirateurs, Joseph Roumanille. — Roumanille? Je me souviens de ce nom. Mais je croyais qu’il fut celui d’un auteur mort.

« Monsieur, vous le voyez, répondit l’auteur des Péquerettes, qui ne laissa jamais personne lui marcher sur le pied, je suis assez jeune encore pour pouvoir, s’il plaît à Dieu, faire un jour votre épitaphe‘$. »

N'importe, Jasmin, continuant son voyage, va jusqu'à Marseille, et là, nous le voyons accueilli par cet Athénée-ouvrier dont j'ai parlé. La réception est enthousiaste; Joseph Méry lit des vers en son honneur : Jasmin remercie. « de suis fier, dit-il, d’être ainsi accueilli par des hommes qui sont deux fois mes frères par le travail mnauel et par le travail de l’esprit*?. » Il répond à Méry quelques jours après par des jolis vers gascons6°, il lit une ode à Marseille, animée d’un large mouvement, il la dédie plus tard en quelques vers au poète Bénédit6”.

Toutefois, s’il veut bien être salué ‘et fêté, il n’entend point qu’on lui fasse concurrence; nous l’avons vu déjà rabrouer assez dédaigneusement Roumanille; en 1851, il consent bien à lui envoyer un poème pour la-publication de Z1 Provençalo$?, mais l'année suivante il refuse de se rendre au Congrès d’Arles. Il

56. Daveau, poête coiffeur, auteur de Las Pouésios bariados de Daveau, coiffeur; Carcassonne, 1841. Il faut noter dans le livre de Daveau la préface d’un nommé J.-P. Cros, docteur en droit, qui fait un vif éloge de la langue romane, rappelle ses anciens titres de gloire, cite avec orgueil les Troubadours. La poésie elle-même de Daveau n’a rien que de banal.

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