‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 11 sur 182 · GEST · texte numérisé non relu

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qu'il y a eu sur le sol] méridional une langue très ancienne, antérieure à la langue française, avec ses lois, sa grammaire propre, des siècles de gloire et de poésie.

Ces siècles, Raynouard les évoquait ensuite®, H montrait à l’aide de nombreux extraits quels avaient été les principaux thèmes poétiques des Troubadours, comment ces poètes avaient chanté l'amour, un amour d'une qualité à la fois humaine ct mystique, raffinée et précieuse, et quelles formes ingénieuses ce sentiment avait su revêtir, el comment aussi, gentilshommes autant qu'amants, les Troubadours avaient manié la chanson de guerre à l’égal de l’aubade et brandi le sirventés contre les rois ou les papes. Servant à son insu la cause romantique, cet auteur de ee classiques ajoutait :

« La littérature nouvelle n ’emprunta rien aux leçons ni aux ne des anciens, elle eut ses moyens indépendants et distincts, ses formes natives, ses couleurs étrangères et locales, son esprit particulier; l'ignorance presque générale, le défaut d'études abandonnait ces poèles du Moyen âge à l'influence entière des idées religieuses, des mœurs chevaleresques, des habitudes politiques, des préjugés contemporains, du caractère national et surtout de leur propre caractère. Il fut moins difficile sans doute aux Troubadours d'inventer un genre particulier que d'imiter le genre classique. » Les jeunes romantiques ne vont-ils pas saluer avec enthousiasme de tels innovateurs? Cela n'est point indifférent à notre sujet, s’il est vrai, comme nous espérons le montrer, qu'un certain romantisme prépare le mouvement de protestation méridionale qui fait l'objet de cette étude.

Le romantisme/aussi, et plus tard la jeune poésie provençale, s'emparera de sa dissertation sur les Cours d'Amour. Raynouard croit à l'existence des Cours d'Amour. Or si lon songe

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