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67. « Des Troubadours ct des Cours d'Amour »; Paris, Didot, 1817. Nous l'avons vu, Raynouard n’est pas le premier à en parler, il vient après le Président, Rolland, l'abbé Millot, Sismondi, Guinguené qui tous d’ailleurs acceptent la légende créée par Jehan de Nostredame; mais il apportait au débat un élément nouveau en France, le « Livre de l’art d'aimer et de la réprobation de l’amour », de Maître André, utilisé en 1803 par un savant de Munich, M. d’Arétin, dans une brochure sur les Cours d'Amour.
à la formation d'un certain idéal « troubadouresque » exploité par les romantiques, à l'influence spéciale que ce mot de « Cours d'Amour » eut sur les premières réunions félibréennes, à la façon dont ce poétique souvenir, a ému les tempéraments littéraires de la Provence contemporaine, on pourra mesurer ici encore l'influence de Raynouard.
Le premier aussi, il essayait de définir de façon un peu précise les différents genres de poèmes qu'avaient maniés les Trou-. badours, et ces longs, ces importants préliminaires achevés, il donnait® « les pièces amoureuses tirées des poésies de soixante Troubadours depuis 1090 jusque vers 1260 », « des tensons, des complaintes historiques, des pièces sur les croisades, des sirventés divers et des pièces morales et religieuses ». I n’y mettait ni notes, ni traductions, puisque déjà il avait donné une grammaire, puisqu'il se proposait plus tard de donner un dictionnaire, Il éditait les Troubadours comme des poètes compréhensibles, qu'on pouvait lire dans leur langue, qu’on devait même lire de la sorte sans le secours du français. SES FA
C'étaient ensuite ® les biographies des principaux Troubadours et des fragments de leurs œuvres, et pour conclure?! « la grammaire comparée des langues de l'Europe latine dans leurs rapports avec la langue des Troubadours ».
N'était-ce pas désormais un sujet d’orgueil pour fous les cœurs méridionaux que de savoir de façon irréfutable que de la langue romane, celle des Troubadours, étaient descendues toutes les langues de l'Europe latine? Ne pouvaient-ils se sentir en communion plus étroite avec les peuples latins? Ces sentiments qui animeront les jeunes poètes de Provence, trente ans plus tard, nous en surprenons ici la source, Il importe à l’orgueil, au développement d’un Mistral qu'un Membre de l'Institut de France, subventionné par Louis XVIII, ait consacré officiellement trente ans avant lui, les droits de la langue provençale. Il le faisait en termes-assez vifs, il se plaignait que la « langue romane, ce
68. Voir Mirèio, ch. im, str. 82, l'évocation un peu forcée d’une cour d'amour présidée par sept jeunes femmes. |