‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 110 sur 182 · Cité par Cornut, op. cit · texte numérisé non relu

Cité par Cornut, op. cit

poursuivi ses études au-delà de l'école de Saint-Remy : c'était alors une tradition, assez souvent respectée, que l'aîné des enfants devait entrer dans les ordres. Pour être prêtre il faut d’abord savoir le latin; on envoya le jeune Joseph apprendre le latin au Collège le plus proche, celui de Tarascon.

Dès le Collège la vocation du jeune Roumanille s’éveille; d'abord il a comme professeur un poète, Emile Péhan, un ami d'Alfred de Vigny, qui, lassé de la bohème parisienne, accepte de venir enseigner la littérature dans cette petite ville méridionale, Un jour Emile Péhan donne à ses élèves une admirable matière à mettre en vers latins, un développement sur la misère et la charité; il fallait évoquer l'hiver, la mère et les enfants sans feu et sans pain; il fallait à la fin de ce développement introduire des conseils de charité. L'élève Roumañille remplit ce programme, mais au lieu de vers latins il remit un sonnet en vers provençaux.

Au reste ce goût devait se fortifier bientôt par un nouveau concours de circonstances; en sortant du collège de Tarascon’ ans la vocation religieuse qu’on avait espérée, Roumanille cherche à gagner sa vie, et comment la gagner, sinon en enseignant à d’autres ce qu’on vient de lui enseigner? Il trouve une place aux confins de la Provence à Nyons, dans la Drôme, et c’est chez un poète provençal qu'il arrive, chez Hyacinthe Dupuy, qui tient à Nyons un pensionnat, où enseigne un autre poète provençal, Camille Reybaud. Fils du peuple, tous ces lettrés, s'ils veulent écrire en vers, comme c’est la mode en ce temps-là, trouvent tout de suite au bout de leur plume le provençal, langue de leurs premiers rêves comme de leurs émotions les plus profondes. ARS

Oui, Roumanille est peuple, puisqu'il est fils de jardinier, mais il est devenu professeur, il est lettré, il est même érudit.

. Insistons sur ce point : il est érudit et cela veut dire non pas seulement qu'il connaît l'antiquité grecque et latine, mais qu'il a connaissance également de tout ce qui intéresse l’histoire et la littérature de la langue provençale.

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