Ibid., p. 8r
k7. Ibid., p. 85.
tour est d’ailleurs vif, et jamais grossier, ce qui le distingue de la plupart des troubaïres du temps.
Mais nous reviendrons sur cet art de conter, mal assuré encore à ses débuts, où Roumanille se croit aussi, et peut-être avant tout, un poète élégiaque. C’est évidemment une tentation pour tous les poètes de l’époque que limitation de Lamartine, que, pour les poètes populaires de Provence, celle de Reboul, imitateur de Lamartine. L’Ange et l'Enfant déroule sa facile harmonie dans toutes les mémoires: visiblement c’est à ce modèle qu'essaye de se hausser Roumanille#, en même temps qu'il veut atteindre à l’émotion de Jasmin. De là tant de petites élégies dont quelques-unes sont assez réussies, et d’autres plus larmoyantes, avec une sensiblerie populaire, qui abuse des diminutifs et finit par devenir un peu agaçante. Ce ne*sont que margucrites, enfants, agneaux, rossignols, fauvettes, boutons de rose, jeunes filles, tableaux de printemps ou d'automne, fleurs qui s'ouvrent ou feuilles qui tombent, tout cela dans une nature assez conventionnelle et correspondant bien au titre du recueil « Li Margarideto ».
Ce n'est pas à dire d’ailleurs que cette élégie soit sans grâce; il y a là parmi des banalités d’un tour « littéraire », quelques accents justes et vrais, ceux qui viennent de la famille ou de la religion, tellement unies dans le cœur du poète, comme dans la vie du temps, qu'il ne les distingue presque pas, et c’est la justification de ce que nous avancions tout à l'heure : Roumanille est un Alexandrin catholique.
Catholique, il l’est naïvement, sans angoisse, sans doutes, sans
lutte, avec une foi très simple et très profonde, qui subsistera
dans son cœur jusqu’à la mort, cette belle mort courageuse et chrétienne, émouvante en sa noble simplicité#.
48 On loue en 1846 Roumanille en ces termes : « Le parfum de ces fleurs indigènes présente une certaine analogie avec le genre si pur et si doux de . Reboul et de Lamartine », cité par Roumanille, éd. de Li Margarideto, 1847,
note B.). Roumanille indique cette citation en disant qu'il l'extrait d'un
« Journal littéraire ».
49. V. Cornut : Les Maîtres du Félibrige, p. 132, et lettre de Folcd de Baroncelli; Aièli, 97 mai 1891, et Armana de 1892.
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