‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 140 sur 182 · Armana 1858, p · texte numérisé non relu

Armana 1858, p

. Roumanille, devient le bulletin annuel de la littérature félibréenne.

Este

sion primitive des sentiments primitifs? Là se trouvent beaucoup des premiers vers de Mistral, de Tavan, d’Aubanel, d’A. Mathieu, quelques poèmes touchants de Roumanille, bref, ce que la jeune poésie de Provence à fait de mieux à partir de 1855, depuis N'èro bas uno rèino?s jusqu’à la suave Coumunioun di Sant#. Le succès de l’Armana fut rapide; dans la Préface de l’année 1856 les Félibres pouvaient se vanter d’avoir fait deux éditions l'année précédente, et depuis le tirage augmenta régulièrement

jusqu’à dix mille exemplaires. D'abord limité X la région d’'Avi-

gnon, dès 1858 l’Armana ‘est imprimé selon son titre « Tan pèr là Prouvènço que pèr lou Coumtat® »: peu à peu il dépasse les limites de la Provence; il est répandu aujourd'hui sur toutes

les terres de langue d’oc. Il a porté dans les foyers populaires la bonne doctrine, il a fait connaître « aux gens des mas » Ja

littérature félibréenne:; il a éveillé des vocations, il a fait naître des poètes. | cn

De cette œuvre belle et saine, c’est Roumanille, et c'est Misiral plus encore qui est l'âme. Anselme Mathieu est un joyeux

- garçon qui envoie volontiers une chanson, le pauvre Tavan, de

Rôme où il est soldat, adresse son élégie, Aubanel lui-même est poèle avant tout et donne des vers, mais rien autre. Rouminille et Mistral sont des organisateurs et des hommes d'action autant que des poètes. D'ailleurs aucune vanité chez eux, jusqu'à l’année 1859 les Félibres ne signent point de leur nom, mais d'un pseudonyme, qui montre à la fois leur fraternité et

leur modestie, pseudonymes charmants, évoquant tout de suite

leur caractère ou leur origine : Le Félibre de la Miéugrano*, c'est Aubanel; le Félibre di Jardin®, c'est Roumanille, le Félibre déu Mas®, c’est Mistral; le Félibre ajougui®t, c’est le joyeux

25. V. Armana de. 1859 et La Midugrano, d'Aubanel. 26. V. Armana de 1859 et Lis fsclo d'Or; de Mistral. 27. À partir de 1858, c’est Roumanille, devenu libraire, qui imprime l’Armana, d'abord édité par Aubanel. De la sorte, l’Armana, organe de la librairie 28. Le félibre de la Grenade. < 29. Le félibre des Jardins.

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