‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 141 sur 182 · Le félibre enjoué. R · texte numérisé non relu

Le félibre enjoué. R

Paul Giéra, dit Glaup; le Félibre de l’Armado*?, c’est le pauvre soldat Tavan: le Félibre di Poutoun#, c'est le voluptueux Anselme Mathieu: le Félibre dis Aglan*%, c’est le docteur T. Poussel. L'année suivante quelques noms apparaissent, Glaup, Mathieu, Roumanille, mais Mistral, pour mieux se dissimuler change de pseudonyme et s'appelle le Félibre de Bello-Visto#; en 1859 enfin il apparaît sous le nom de F. Mistral, peu à peu les pseudonymes sont éliminés; en 1861 c'est chose complètement réglée. |

Donc, sans raison de vanité, Mistral dès 1855, parce qu'il a le mieux conscience de l’œuvre à faire donne à l’Armana la plus large collaboration. C’est lui qui rédige le « Calendrier de Provence » avec les saints, les fêtes, les foires, les pèlerinages, les proverbes, et c’est dès le seuil de FArmana la marque de son esprit pratique, réaliste, qui appuie toujours la poésie sur la vérité solide: c'est lui qui rédige la petite histoire de Provence%, c’est lui qui donne aux paysans le eonseil de planter des cyprès pour se protéger du mistral, et même il va jusqu à donner une recette de cuisine provençale%. S'il est poète, on ne s'en aperçoit que par un simple conte en vers®, dont la conclusion est encore un enseignement, un conseil aux paysans de ne pas laisser pour les faux plaisirs de la ville la paix, la liberté, la santé des campagnes. C'était là pour un jeune homme qui déjà composait Mirèio faire preuve de la plus rare abnégation poétique.

L'année suivante Mistral se multiplie avec le même dévouement, il rédige de nouveau le Calendrier, la notice nécrologique sur les Provençaux de marque décédés dans l’année, un long article sur la langue provençale, où il montre son ancienneté, sa noblesse, en vrai lecteur de Raynouard et de Fauriel, où il distingue ses dialectes, sans vouloir que l’un ait le pas sur

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