Le félibre de Belle-Vue
36. Armana de 1855, p..38 : « Un pichot mot sus la Prouvenço. »
37. Cousino prouvençalo : « Froumage envenigra. » Armana de 1855, p. 92. 38. La Plueio, p. 30 et Lis Isclo d'Or; 2° éd., p. 392.
FONT-SÉGUGNE. — L'ARMANA PROUVENÇAU A67x
l'autre, mais tout en reconnaissant que « le parler du Rhône » est « le plus doux et le plus pur de tous® »; c’est lui qui se charge encore de rédiger les « nouvello felibrenco », chronique litiéraire du Félibrige, lui qui donne une notice sur les trem-
-blements de terre, un article sur le Chevalier Philippe de Girard,
sur la neigée de 1855, avec cela deux ou trois fantaisies“, et cette fois des vers, un conte en vers, une traduction du « passereau de Lesbie », l'épithalame de Paul Giéra£, enfin des vers à Jules Canonge et Jean Reboul, où pour la première se apparaît une allusion à Mirèio#.
On le voit, dès les débuts de l'Armana, Mistral prend pour
lui tout ce qui rebute les’ autres, tout ce qui est doctrine et
propagande; il y sacrifie même sa propre poésie; les autres, Roumanille à part, sont avant tout poètes et poètes indolents, il est actif lui, tout autant que rêveur, et sa poésie elle-même est une propagande.
Ces remarques se Seat si l’on examinait de même les années suivantes de l’Armana; en 1858 Mistral entreprend la revue littéraire, dont nous avons donné plus haut un extrait; la même année il annonce un grand concours agricole, il fait une petite mythologie populaire et publie toujours peu de vers, l’année de Mirèio (1859), tout aussi modeste qu'avant, il continue ses notices nécrologiques, envoie um salut à Brizeux qui disparaît, fait la chronique des fêtes d'Avignon, consacre une page à une femme d’Apt qui avait obtenu le prix Montyon, une autre au courage d'un soldat de Graveson, raconte une cavalcade qui s'est déroulée à Marseille, ce qui ne l'empêche pas de publier cette année là « La Coumunioun di Sant », dans cette même livraison. Après le triomphe de Mirèic, même modestie; avec le salut célèbre à Lamartine ou la délicieuse chanson « Lou Bon Viage », c'est une notice sur le général Robert et l’habituelle nécrologie.