‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 143 sur 182 · Armana de 1856, p · texte numérisé non relu

Armana de 1856, p

ho. Lettre au proumié Félibrihoun, p. 69.

hr. La Mousco, p. 70.

42. Cansoun'de Noço de Mario èmé de Robe p. 38. 43. V. Armana, P. 86.

Tout ce qui décèle une intention nationale, tout ce qui a une portée, une signification précise, dans l’Armana apparaît donc comme l’œuvre du jeune Mistral, ou comme celle de Roumanille. ; |

Car Roumanille a son rôle qu’il importe de ne pas méconnaître; d’abord, nous l'avons vu, c’est lui qui pose les principes de l'orthographe félibréenne; ensuite quand il s’établit libraire, c'est lui qui a le soin de faire imprimer et d'éditer l’Armana;: il y a là une activité professionnelle tout à fait nécessaire et qu’il était seul à même de fournir. Sa librairie sert l’'Armana comme l’Armana sert sa librairie; cette double propagande contribue à la fortune du Félibrige. |

Ensuite Roumanille est conteur; c’est lui surtout-qui alimente l’'Armana de ses contes plaisants, qui font son succès auprès de ‘bien des gens, car beaucoup ne cherchent pas autre chose, dans une publication de ce genre qu'un passe-temps les soirs d’hiver. Contes en vers ou en prose, longs récits ou petites anecdotes, c'est lui qui en est également le {ournisseur.

De plus il est homme de lettres; plus que tout autre de ses amis il sait la valeur d’un article, il ne manque pas de soigner la publicité; en 1856 c’est lui qui remercie les écrivains qui ont bien voulu parler de lArmana ou lui envoyer leurs encouragements, Reboul, l’abbé Bayle, Paul Coffinières, J.-B. Gaut, Saint-René Taillandier, À. de Pontmartin, Brizeux; c’est lui qui répond aux moqueries du Charivari parisien; en 1859 c’est lui qui annonce Mirèio en termes enthousiastes.

À côté de Mistral et Roumanille les autres ne sont que des poètes ou des comparses, poètes, Aubanel, Mathieu, Tavan, qui envoient à l’Armana les vers de La Miéugrano, de la Farandoulo, d'Amour e plour, comparses, Paul Giéra, le docteur Poussel, Jean Brunet, Denis Cassan, A. Autheman“, Amédée Pichot#,

44. À. Autheman, né à l’Isle-sur-Sorgues, 4 février 1820, mort le 8 décembre 1903, publie, en 1854 : Lis Auvuri de Roustan, in-8, ie p.; Avignon, Fischer, petit poème sans importance.

45. Ecrivain français, originaire d'Arles, directeur de la Revue Britannique, auteur de divers ouvrages sans valeur sur la Provence, entre autres Les Arlésiennes.

-Crousillat de Salon, Louis Roumieux de Nîmes“. Toutefois il

faut honorer d’une mention spéciale Adolphe Dumas, qui dès 1858 envoie à l’Armana des vers charmants, dont nous reparlerons et qui doit bientôt aider si puissamment à la gloire de

Mistral.

En somme cet Armana donnait dès le premier instant tout ce qu'il pouvait donner; il révélait l'existence d’une véritable école poétique, avec ses doctrines, son idéal, sa langue, son orthographe. Parmi tous ces collaborateurs il est des tempéraments intéressants sur lesquels il convient de s'arrêter un peu plus longuement, ce sont, outre ceux de Roumanille et de Mis-

: tral, Anselme Mathieu, Alphonse Tavan, Théodore Aubanel, et

cet Adolphe Dumas, un peu-à part, mais que le destin seul et l’âge écartèrent de ce groupe poétique.

46. Louis Roumieux (1829-1894) collabore, d’abord, avec le troubaire de Nîmes, Bigot (Li Griseto, Li Bourgadiero); plus tard, majoral du Félibrige, auteur de La Rampelado (Avignon, Roumanille, 1876). V. de Brousse et Praviel : Anthologie, p. 170.

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