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bras, sous les pins, ou sur la route blanche‘, c’est le soir le bal public sur la grande place®, c’est un baiser volé à une belle congréganiste, qui sera la fable du village, c’est Goutouno, c'est Leleto, c’est Marieto avec ses jolis frisons qui eurent tant de succès à Aïx?, c’est l’aubade chantée sous la fenêtre de la belle amie, avant de partir pour les champs, ce sont des chants tout pleins d'amour, pour le mariage des bons amis. Aubanel ou Roumanille?, ce sont enfin les premiers vers à la Chato, la jeune fille qu'on a rencontrée à Ia fontaine®% à qui l’on a dit son amour pendant que l’eau coulait et scandait de sa petite chanson l’éternelle chanson. é
Telle est cette humble et pure jeunesse, où l’amour est vif, mais chaste, inspirateur d’une poésie saine et fraîche, où tout est sincère, gracieux sans être embelli, parce que l’on est dans
un pays et un temps où l’homme du peuple n’est point brutal -
ni indécent, mais garde en son âme l'héritage amoureux et mystique d’une race latine et catholique. Cette qualité d'amour, ous la retrouvons semblable chez Aubanel, chez Mistral, chez Anselme Mathieu, elle n’est point uné attitude littéraire savamment concertée, elle est l'expression même de cette Provence de 1850, amoureuse et religieuse. 3 \ Mais ces chansons n’ont qu’un temps; pauvre paysan soumis à toutes les servitudes, Tavan ne saurait échapper à la conscription, comme Roumanille par la protection®%, comme Mistral ou Aubanel, par le remplacement permis aux riches. Il doit partir pour l’armée, et l’on y sert sept longues années à cette époque. C'est un terrible déchirement et qui fait couler les premiers pleurs du pauvre poète. Voici le dernier dimanche passé au village? Après les vêpres les amoureux se promènent, avec