‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 151 sur 182 · Je n’ai plus que la nuit seule où je puisse te voir · texte numérisé non relu

Je n’ai plus que la nuit seule où je puisse te voir

- 38. « Noël est le beau souper — Quand nul ne manque à la réunion — Mais

Lorsque, quatre ans après, la mesure est comble, quand il a dû conduire la fille auprès de la mère, dans le cimetière de Rognac, il y laisse par un soir de novembre, cette épitaphe :

La chatoune, quaire ans après,

Es vengudo ajougne sa maire...

Moun Diéu, sias lou mèstrel Fasès Qu'’eici vengue dourmi lou pairel...3

Et cette fois encore il trouve de ces inimitables accents où l’on sent une âme qui se déchire, mais une âme populaire et catholique, soumise dans sa douleur à la volonté céleste O Diéu, que nouman noste Paire, De nous autre as gaire pieta :° a quatre an que m'as pres la maire, E vuei te fau l'enfant, pecairel.. . FL E dève crèire en ta bountal...40

Mais c’est là l'accent d'un Tavan déjà vieilli. Parmi ceux de Font-Ségugne maintenant nous évoquons seulement le ‘jeune paysan, qui chante sés amours de village, puis le pauvre soldat, que Mariette abandonne et qu’atteinf la maladie. « Amour e plour », dès le début de sa vie, c’est bien la double face de son âme et de sa poésie, âme fine et sensible, qui n’eût jamais pu s'exprimer sans doute, si elle n’y avait eu l’encouragement des jeunes Félibres. C’est bien là l'exemple d’une de ces natures délicates, sous des enveloppes populaires, que la doctrine félibréenne a su révéler à elles-mêmes, puis aux autres. Ce n’est point, sur cette flûte rustique, une harmonie bien savante, que celle du pauvre Tayan, mais c’est un chant si naïf et si sincère

il y en a, les pauvres! qui, en soupant, — De pleurs amers baignent leur pain. »

39. « La fille, quatre ans après — Est venue rejoindre sa mère... — Mon Dieu, vous êtes le maître! Faites — Qu'ici vienne dormir le père », p. 232. ko. « O Dieu que nous nommons notre Père — De nous autres tu n’as guère pitié — Il y a quatre ans que tu m'as pris la mère — Ft aujourd'hui il te faut l'enfant, la pauvre! — Et je dois croire en ta bonté », p. 230.

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qu’il fait venir des larmes aux yeux. C’est une chanson de grillon, les soirs d'été, Mistral l’avait dit déjà#.

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