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Un liame de rasin; Avignon, Roumanille

hg4 L'ÉCOLE D'AVIGNON

Or tandis que les autres poètes révélés par ce « Liame de rasin », Castil-Blaze, Glaup, T. Poussel% et même Jean Reboul ne se révèlent à nous que par des chansons trop souvent insignifiantes, Adolphe Dumas nous apparaît comme un vrai poète provençal auquel il n'a manqué, pour avoir la conscience de son talent et de ses véritables destinées que d'être venu trop tard. De la sorte il s’est égaré dans la poésie philosophique et dramatique, alors que la-poésie à ‘sa mesure était bucolique, familière, attendrie, avec une certaine allure de majesté et de grandeur chrétienne. Dumas nous apparaît comme une sorte de Mistral manqué.

Il était né à Bompas, en Vaucluse, mais toute sa famille était de Cabane, de l’autre côté de la Durance; c'était donc un proche voisin de Maillane et de Saint-Remy. Sa sœur Laure s'était mariée à Paris, elle y attira son frère Adolphe, qui se trouva de la sorte, tout jeune (il était né en 1806) mêlé au mouvement littéraire de 1830. Immédiatement il se mit au travail et cè Provençal publiait dès 1830 les Parisiennes; il se lançait dans la poésie philosophique®. Il abordait à l'Odéon le théâtre en versé! il revenait ensuite à la poésie philosophique &.

Mais; au milieu de toutes ces grandes tentatives littéraires, dont aucune ne réussit pleinement, il ne cesse de regretter

Cabane, Eyragues, les bords de la Durance, les champs de Mail-

lane, le ciel clair, l'air sec, les routes blanches, les grands CYprès au bord des horizons; il exprime ses regrets en des vers français, qu’il réunit en un recueil, sous le titre significatif de Provence, et qui contient même déjà à cette date de 1840 un petit poème en langue provençale, d'une orthographe incertaine, mais

d’un sentiment touchant: il s'intitule « Mes Amours pour Avi-

59. Castil-Blaze (Cavaillon, 1784; Paris, 1857), critique musical au Journal des Débats, a:composé quelques chansons provençales d’un ton assez vif. « Je n’attache de prix qu'à mes œuvres provençales », disait-il.. Sans être d’un vrai poète elles ont une certaine valeur pittoresque et réaliste. Glaup, pseudonyme de Giéra, appelé « Loù Felibre ajougui », le Félibre joyeux, a composé quelques chansons gaies. T, Poussel, docteur en médecine d'Avignon, n’a rien laissé de particulièrement intéressant. -

60. La Cité des Hommes (1835); La Mort de Faust et de Don Juan (1836).

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