‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 157 sur 182 · SR · texte numérisé non relu

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gnon » et Dumas en accompagnait la publication d'une note ainsi conçue

« On me pardonnera, je pense, ces strophes provençales. Chaque mot est un souvenir d'enfance. Je n'ai pu résister au bonheur de parler la langue des Trouvères de Provence. Tout cela vit encore sur les lèvres des femmes avec tout le génie de ce peuple, l'amour et la poésie. »

De telles excuses ne font pas évidemment de Dumas un défenseur de l’indépendance linguistique de la Provence, mais au moins témoignent-elles de la sincérité de ses sentiments.

Ces mêmes sentiments, on les retrouve tout le long de ce volume, où Dumas nous apparaît comme une sorte de Brizeux provençal. C’est le souvenir d’ «un mot dans la rue » dit par une femme d'Avignon :

Ce doux gazouillement des patois provençaux La langue des baisers reçus dans nos berceaux... 68 C'est une défiance instinctive à l'égard de Paris

Qu'’as-tu fait de Chénier, qu'as-tu fait de Gilbert ? Tu vois bien qu’il suffit qu’on soit un grand poète; L'un à ton hôpital. et l’autre ta charrette.….. 64

C'est par contre une conception idéale de la Provence et de ses

habitants.

Les hommes y sont bons, les femmes y sont belles, Avec de beaux enfants répandus autour d'elles, Et Dieu nous a pétri des visages humains,

Harmonieux et purs comme des chants romains. 65

et parmi tant d'autres vers où s'exprime le regret et l’amour

patriotique d’Adolphe Dumas, il est deux poèmes spécialement

intéressants; une épître assez dure adressée à Jean Reboul, où il fui reproche de vouloir s'élever à la vrande poésie, en méprisant le peuple dont il est sorti, d’imiter Byron et Lamartine, au lieu

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