‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 158 sur 182 · Ibid, t. II. A. M. Méry, à Marseille · texte numérisé non relu

Ibid, t. II. A. M. Méry, à Marseille

de créer une poésie vraimert populaire. Il y a dans ces vers un sentiment véritable de la littérature du peuple et ce sera de façon toute naturelle que Dumas reconnaîtra en Mistral le poète

qu'il attendait. Par malheur les reproches que Dumas faisait à.

teboul retombaient cruellement sur sa propre tête. On s’en aperçoit bien à lire le second des poèmes auxquels je faisais allusion et qui s'appelle « Une fille du peuple »,-et c’est, si l'on veut, une première idée de Mireille mais c’est ici que l’on peut bien mesurer l’abîme qui sépare à cette époque les poètes qui parlent de la Provence en français et ceux qui prennent la belle résolution de la célébrer en son langage naturel, parce que seul il convient à la description des mœurs rustiques. Il nous suffira de citer quelques vers +

Rose est née un beau jour dans un bourg de Provence Comme un fruit de la terre et de la Providence;

Elle n’a pas vingt ans, elle vit à demi

De travail tous les jours, de bal tous les dimanches, Dans un amas perdu de trente maisons blanches Entre Avignon et Saint-Remy.

Rose n’a pas vingt ans, elle vit sans culture

Et riche, comme on dit, d’une belle nature;

Son cœur qui se réveille à ses premiers penchants

S'incline innocemment comme l'herbe s'incline. +

Nous pouvons ne pas aller plus loin; que l'on se rappelle en

regard le portrait de Mireille au premier chant du poème mistralien. La même impression est largement confirmée par le poème suivant, qui chante les blés. c'est-à-dire le réveil des moissonneurs, leur départ, le travail, les glaneuses, la soirée. L'idée était excellente et Mistral en fera le huitième chant de Mirèio. Mais le français ne pouvait servir à son expression, quand même Adolphe Dumas eût été un grand poète. À tout le moins fut-il

un poète sincère; et son volume se termine par un cri touchant :

LA

O Provence, à Vaucluse, Ô ma verte Arcadie,, O mes premiers soupirs sans doute et mes derniers; Je mourrais, je mourrais, si vous m’abandonniez £ J'ai le mal du pays comme une maladie.

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