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Tel, cet Adolphe Dumas est chargé, en 1856, par le Ministre de l’Instruction publique, Hippolyte Fortoul®, de recueillir les
chants populaires de Provence. Il débarque en Avignon, tombe
en plein Félibrige et tout de suite s’enthousiasme. Ce choix de Fortoul, ce voyage, cet, enthousiasme, tout cela ‘fait partie de Tadmirable chance de: Mistral, car Adolphe Dumas allait être à Paris, auprès de Lamartine, du monde littéraire, de l’Académie, le protecteur naturel de Mirèio.
Mistral, dans ses Mémoires, nous a raconté sa première entrevue,avéc Adolphe Dumas :
En 1856, lors de la sainte Agathe, fête votive de Maillane, je reçus la visite d’un poète de Paris que le hasard (ou plutôt la bonne étoile des Félibres), amena, à son heure, dans la maison de ma mère. C'était Adolphe Dumas, une belle figure d'homme de cinquante/ans, d’une pâleur ascétique, cheveux longs et blanchissants, moustache brune avec barbiche, des veux noirs pleins
‘de flanime, et, pour accompagner, une voix retentissante, la -main toujours en l'air dans un geste superbe. D'une taille élevée, mais boiteux et traînant une jambe percluse; lorsqu'il marchait,
on aurait dit un cyprès de Provence agité par le vent.
C’est donc vous, Monsieur Mistral, qui faites des vers provençaux? me dit-il tout d’abord d’un ton goguenard en me tendant la main.
« Oui, c'est moi, répondis- je, à vous servir, Monsieur!
« Certainement, j'espère que vous pourrez me servir. Le Ministre, celui de l’Instruction publique, M. Fortoul, de Digne, m'a donné la mission de venir ramasser les chants populaires de Provence, comme le Mousse de Marseille, la belle Margoton, les noces du Papillon, et, si-vous en saviez quelqu'un, je suis ici pour les recueillir.
« Et en causant à ce propos je lui chantai, ma foi, l’aubade de Magali, toute fraîche arrangée po le ne de Mirèio. Mon Adolphe Dumas, enlevé, épaté, s'écrie : « Mais où donc avezvous péché cette perle? »
« Elle fait partie, lui dis-je, d’un roman provençal (ou plutôt