‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 173 sur 182 · Mirèio, chant I · texte numérisé non relu

Mirèio, chant I

58. « Dou càrri de Netune escapado segur.. » (Mirèio, chant IV, str. 33). 5g. « Nus et gaiard coume un luchaire, -— Quand Bacus vèn... » (chant II, str. 2). | 6o. V. Mirèio, chant IX.

534 L'ÉCOLE D’AVIGNON ù même émotion artistique, une même largeur épique. Si Homère a dit : « .… De même que les génisses, retenues loin de la prai-. rie, s'empressent autour des vaches qui du pâturage reviennent à l’étable après s'être rassasiées d'herbes et vont toutes ensemble au devant d'elles, sans que les enclos puissent les retenir et : mugissent sans relâche autour de leurs mères, de même quand mes compagnons me virent de leurs ÿeux, ils m’entourèrent en : pleurant6! »; et si Mistral après lui chante : « Ainsi dans un. È grand troupeau si une génisse est morte, à l’entour du cadavre * étendu pour toujours, neuf soirs durant taureaux et génisses viennent, Sombres, vers la malheureuse, et les marais et l’air et le vent de leurs cris douloureux retentissent neuf jours® », c’est tout simplement que sans doute il a vu, dans ses promenades de Camargue, ce spectacle, et Burnand, quand ïl voulut illustrer Mirèio, n'eut qu'à faire ces promenades Pour retrouver ce tableau Ge que Mistral doit à Homère, ce n’est pas tel ou tel détail sur lesquels une curiosité un peu livresque nous penche “c'est, dirais-je, la Foi épique, c’est qu'il put croire, grâce à ce noble exemple, à la possibilité d’un grand poème, et qu'il sut com- 4 prendre cette loi éternelle que pour imiter les grands modèles, il ne faut pas faire ce qu'ils onf fait, mais ce qu'ils feraient s’ils vivaient de notre temps, qu’il ne s'agissait point de mettre en provençal les aventures d'Ulysse ou les exploits d'Achille, mais qu'il fallait chanter à des Provençaux la Provence comme à des. 22 Grecs Homère avait chanté la Grèce. Costumes, coutumes, 1 courses, fêtes, repas, légendes de la campagne d'Arles; au moule ÿ d’un art classique, voilà ce que Mistral comprit qu'il fallait jeter. #4 Tandis qu'il y travaillait, peut-être, de,ses yeux de croyant, vit-il parfois le divin vieillard qui venait s'asseoir à l’ombre des grands « falabréguiés ».

Surtout Homère lui donna le sens de la poésie réaliste. Si l’on y réfléchit, c’est là toute la fortune de Mistral: il retrouve eD-UMAS siècle analytique et philosophique la poésie réaliste des anciens. = La langue française, admirable sil s'agit de critique littéraire. où de poésie sentimentale, devient pour exprimer les aspects des

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