‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 24 sur 182 · V. Mary-Lafon Cinquante ans de Vie Littéraire · texte numérisé non relu

V. Mary-Lafon Cinquante ans de Vie Littéraire

33. Notons le nom de Bertrand de Born, cité par Mistral dans sa poésie 1 Troubaire (1853); Roumavägi, p. 22.

34. Tableau hislorique et lilléraire de la langue parlée dans le Midi de la France; Paris, 1841. Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la

Quand il entreprenait &e présenter le tableau de cette langue doc, qui avait été sa langue maternelle, ce n’était pas en philologue qu'il travaillait, c'était en véritable patriote méridional. « La langue d’un peuple, disait-il dans son Introduction, est sa vie comme son âme. Tout ce que les générations laissent en se succédant sur la terre périt ou s’efface. Seule la Tangue survit. Rarement les philologues m'ont paru comprendre tout ce que la tâche qu'ils éntreprenaient a de philosophique et de véritablement élevé », et il continuait

« Trente-sept départements parlent une langue inconnue à première audition, barbare même, et que les masses, qui s'arrêtent toujours aux impressions superficielles ont flétrie depuis des siècles du nom de patois. Quelques érudits fouilleront bien son origine, en éclairciront, si vous voulez, une partie; mais il ne leur viendra pas en pensée de dire à ces masses, qui ignorent parce qu’elles n’ont pas eu l’occasion ou le temps de s’instruire, de leur dire très haut. avec toute l'autorité de la science : ce que vous appelez patois est un mélange de divers idiomes, qui ont passé depuis le commencement des temps sur les lèvres de nos pères. C’est la continuation, un peu déteinte dans le courant de notre civilisation nouvelle, de cette magnifique langue romane qui servit d'interprète au monde. »

Ne croit-on pas entendre déjà les revendications qui, dans dix ans se feront entendre, sinon plus précises, au moins plus véhémentes, sur les bords du Rhône? Ne croit-on pas aussi entendre les revendications des partisans du « provençal à l’école », quand. on lit de telles lignes :

« Trop strictement enfermés dans le cercle de l’investigation théorique ces savants ne songeront pas à se tourner vers l'Université et à l’avertir qu’il existe quatorze millions d'individus connaissant à priori les patois romans et que dès lors, au lieu de chercher à les effacer de leur esprit, au lieu de les proscrire, il faut en faire la base de l’enseignement linguistique; car, en les prenant pour échelle et les comparant simultanément au fran-

France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; Paris, 1842. Nouveau choix des poésies originales des Troubadours, parmi lesquelles Gérard de Roussillon et le Roman de Jaufre, encore inédits alors.

çais et au latin, on démontrerait, clair comme le jour, que les trois langues sont identiques et dès lors l’enseignement, triplant sa portée, se simplifierait et abrégerait sa durée des deux tiers . au moins. »

Pour justifier ces assertions, Mary-Lafon montrait comment la langue d’oc se rattache de facon étroite au latin, comment elle a évolué le long des siècles, et dans la troisième partie de son travail, il faisait preuve d’une connaissance, incomplète encore, mais tout de même intéressante, des productions de la littérature d'oc du seizième au dix-neuvième siècles; il essaÿyait même dans un appendice bibliographique de donner une liste de ces. productions, et peu de choses en vérité avaient échappé à son investigation.

Mais où il allait se révéler disciple d'Augustin Thierry, ce devait être dans l « Histoire », que nous avons citée. Dès son Introduction il déclarait : « Jusqu'ici nous n'avons pas eu d' histoire de France », et il ajoutait en note cette phrase de Thierry, extraite de ses Lettres sur l'histoire de France : « Je sens na la conviction profonde que nous n'avons pas d'histoire de France. » À la suite de Thierry, il reproche aux historiens de n'avoir fait qu'au point de vue français l'histoire de cette France, qui ne fut pourtant jusqu'à la Révolution qu'une collection de pays, « une vaste fédération rattachée au trône par des traités et des pactes conditionnels. »

« 1 s’agit donc aujourd’ hui, disait-il, de recommencer l'œuvre historique dans un système opposé. C'est la tâche patriotique et difficile que j'entreprends pour le Midi. De toutes les contrées sacrifiées le Midi de la France-actuelle est, sans contredit, là plus importante à étudier, la plus curieuse à connaître. A Iui seul le Midi forme la moitié du faisceau national; vingt générations avant l’arrivée des hommes du Nord, les hommes du Midi s'étaient rendus célèbres par le courage, les grands travaux, l'intelligence. Et il y a six cents ans à peine toute la littérature, toute l'intelligence du progrès social, toutes les idées n’étaient-elles pas exclusivement le partage du peuple d’oc? Jamais-pays n’offrit un passé plus beau, plus riche en faits éclatants, merveilleux, poétiques, un. passé plus noblement rempli, ne honorable à Ve famille humaine, et cependant plus inconnu.

Son dessein était de faire précisément cette histoire du Midi qui n'avait jamais été faite, de faire revivre « cette antique nation, qui, bien que morcelée sur le papier en trente-sept départements ne forme comme autrefois qu'une seule famille de-quatorze millions de frères parlant tous la même langue, ayant tous mêmes intérêts et mêmes souvenirs. »

C'était la première fois que l’on déclarait aussi nettement la fraternité des peuples d’oc et qu'on les voyait, malgré la divi- Sion administrative, comme une vivante unité depuis les Alpes jusqu'aux Pyrénées %#.

De plus en plus l'idée de nationalité méridionale se précisait, s affirmait, trouvait de nouveaux interprètes, plus vifs, plus audacieux. Et celui-ci fidèle au programme qu'il se traçait de la sorte, déroulait dans la suite des temps les gloires du Midi : les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Barbares, les Sarrazins défilaient sous ses yeux, apportant chacun à cette terre hospitalière des dons différents et toujours précieux. Il parlait avec enthousiasme de l'épanouissement splendide du Moyen âge, il donnait en vers français des traductions de Troubadours, et, pour médiocres qu'elles fussent, elles n’en restituaient pas moins au public des rythmes et des rimes, un ensemble plus coloré que les décalques plus exacts, mais plus pales des précédents romanistes. Enfin, quand il en arrivait à la Croisade contre les Albigeois, il ne trouvait pas pour la flétrir assez de mots indignés, Il la qualifiait d’ « œuvre inique », stigmatisait « le grossier intérêt temporel qui poussait Rome, la cupide ambition de la royauté ». « Ce drame terrible, disait-il de façon plus véhémente que correcte, qui marchait depuis vingt ans à travers le sang et le feu sur quatre cent mille cadavres n'avait été joué jusqu'au bout que pour donner Avignon au Pape et Toulouse au roi de France. »

Cette œuvre, quelque peu déclamatoire de Mary-Lafon, si elle faisait descendre la science romane des hauteurs de la pure spéculation aux sarcasmes de la polémique, lui donnait cependant un vivant intérêt. Un peu vulgaire, elle mettait les idées d’un

35. Cf. les vers de Mistral dans l’Ode aux Catalans (Lis Isclo d'Or, p. 174) :

Dis Aup i Pirenèu, e la man dins la man, Troubaire, aubouren dounc lou vièi parla rouman.

Raynouard, d'un Fauriel, d’un Augustin Thierry à la portée de ce public de petits bourgeois lettrés, où le Félibrige allait trouver ses plus vigoureux adeptes. Alors que les savants romanistes ne se préoccupaient point du sort de la langue romane tombée à l’état de patois, Mary-Lafon apparaît en quelque sorte comme un des traits d’union entre les savants et les poètes populaires. Et nous en avons des preuves. Dès 1847 Roumanille le cite avec complaisance%. En 1853, Mary-Lafon accepte la présidence d'honneur, que lui décerne l’Afhénée-ouvrier de Marseille, société littéraire dont nous montrerons l'importance; en 1854 il écrit une introduction pour les œuvres du poète marseillais, Pierre Bellot, qui l'en remercie en termes hyperboliques; à la même date il envoie ses sentiments de sympathie aux organisateurs du Roumavägi deis Troubaïres qui se tient à Aix. ;

Il écrivait à J.-B. Gaut : « Monsieur, j'ai reçu l'invitation que vous avez bien voulu m'adresser et n'ai qu'un regret, c’est de. ne pouvoir vous en remercier à Aix, dimanche prochain, vous et Messieurs vos confrères. Ayez la bonté de leur dire de ma part qu'il eût été doux à mon cœur d'assister à votre Roumavägi et de sceller dans cette grande cène méridionale le pacte de famille qui unira bientôt, je l'espère, tous les enfants du Midi », et, faisant allusion à l'édition des fragments des Troubadours qu'il préparait, il ajoutait : « L’an prochain à coup sûr je serai plus heureux et il me sera probablement donné d'apporter à la réunion des Troubadours modernes un de ces grands monuments inédits des Troubadours antiques, qui montrent avec quelle splendeur le génie méridional se déployait il y a sept siècles%. »

Ainsi les poètes provençaux à leurs débuts s'étaient tournés vers ce disciple de Fauriel et de Thierry. Cela suffit à montrer l'importance du mouvement savant que nous venons d’étudier et comment il inspire et soutient la protestation tenace, mais obscure encore de la poésie populaire.

l'est au reste des publications locales dès 1830 qui marquent l'influence des historiens dont nous venons de parler. En 1831,

36. Li Margaridelo. 17° éd., 1847. (Note 5.) 87. V. IIS partie, ch. 5” 38. V. Roumavägi. Préface.

un nommé À. Denis publie à Toulon des « Chroniques et Traditions provençales » contenant deux récits : « La prise de l’Abbaye de l’Almanarre par les Sarrazins » et « l’Invasion de Charles-Quint en Provence ». Le livre est dédié à A. Thierry et précédé-d'un discours sur le Moyen âge provençal et sur le roman historique de Walter Scott. « L'histoire de Provence, ajoute-t-il, plus que celle de toute autre province offre les vrais éléments du roman historique, tel que nous l'entendons de nos jours. »

1 faut citer aussi le roman d’un gentilhomme de Provence, le comte J.-B. de Villeneuve : « Lyonnel ou la Provence au treizième siècle®. » Le titre seul suffit à nous donner une idée de l'œuvre, mais cette idée se confirme quand on en a vu la présentation typographique et surtout quand on en a lu quelques chapitres. L'auteur emploie d’abord cette fiction romantique, dont usent Marie Aycar et Moquin-Tandon, qui consiste à prétendre que l’on a retrouvé une chronique dans les archives poudreuses de quelque vieille ville, et là-dessus il écrit une préface où il montre qu'il connaît très bien l’abbé Millot, Legrand d’Aussy, Raynouard, Roquefort et Guinguené; il parle avec complaisance des Troubadours, de la vieille noblesse de Provence, dont il fait partie lui-même, et dont il prétend évoquer la gloire.

C'est d’ailleurs-un illisible roman, mais qu'il est symptomatique! On y voit de quelle façon on imaginait les Troubadours et pour quelles raisons on s’intéressait alors dans un certain cercle ‘aux études provençales. [1 y a même des imitations en vers français de poèmes des Troubadours, et, si médiocre que soit une telle littérature, tout de même elle est le signe d’un certain état d'esprit, d’une vision, d’un mirage qui aura son influence, même et peut-être surtout sur les esprits populaires. Le Moyen âge de la cour des Baux, au chant I de Calendau ou celui de Nerto, et de la Rèino Jano, c’est de toute cette élaboration romantique, à n’en point douter, qu'il est sorti.

Notons aussi le Troubadour ou la au douzième siècle d’un certain J.-T. Ladoucette qui avait été préfet des Basses- Alpes sous le premier Empire. Lui aussi connaît et cite Nostredame, l’abbé Millot, Papon, Millin, Raynouard, A. Thierry. Il

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conte l’histoire bien connue du Troubadour Guillaume de Cabestang; c'est un essai de reconstitution du Moyen âge provençal, en un style d’un romantisme naïf#0.

*emarquons enfin l'œuvre imaginative d'un romancier, le Marseillais Marie Aycard (1794-1859), qui essaie d'adapter à la mode romantique les traditions provençales#t: Ou y sent percer le.désir de tous les jeunes poètes de l’époque, qui est, pour rajevnir la poésie épuisée dans les cours et les salons des siècles classiques, d'exploiter le fonds populaire, de faire entrer dans le domaine littéraire les traditions, les chansons, les divertissements du peuple, non pas précisément en leur conservant leur caractère « populaire », mais bien plutôt eu les transformant, en les poé tisant, en les idéalisant, en les rendant rorsantiques, pour tout dire. Et c'est ainsi qu'on y voit utilisés par Marie Ayear la Vierge noire et la lance de Saint-Victor, les « cheminées du roi René », les processions de la Fête-Dieu, les repas de Noël. Il y a là tour à tour du Walter Scott et de l’André CR Voici par exemple le repas de Noël : us re

Les parents étaient arrivés en foule, et avaient pris place à un repas frugal. L'amande à l'écorce fine et cassante, la grasse olive, la figue au goût sucré, et les gâteaux pétris avec de l'huile et anis couvraient la table. On y voyait aussi le poisson écarlate qu'on prend dans le creux des rochers et dont la chair conserve le goût des plantes marines qui l’ont nourri, la dorade argentée, le muge aux mille couleurs, et enfin le poisson que Pierre, le pêcheur d'hommes, avant de quitter sa barque et ses filets, prit un jour dans ses mains pour le présenter.à son maître et qui conserve encore la trace de doigt de l'Apôtre. Le muscat cuit deux fois circulait dans les coupes... Alors on commença à chanter, le grand oncle entonna le vieux Noël des bohé- miens#. »

Ce n’est qu'une description entre tant d’autres, que l’on sent romantiques plus encore que l'analyse ne permet dé le dire, et

ho. Paris, 1845. se :

4x. Marie Aycar : Ballades et Chants populaires de la Provence; Paris, 1826.

42. Cf. la description de la soirée et du repas de Noël ne Mirèio, ch. vin, notes,

qui, parmi d’autres publications, préparent l'opinion littéraire à considérer la Provence comme une sorte de Grèce et d'Italie où fleurit naturellement une poésie antique, et noble, bien que populaire.

Je suppose maintenant un jeune Provençal, qui vers 1850 lit Thierry, Fauriel, Raynouard, Mary-Lafon…

« Ainsi donc, se dira-t-il, mon pays a été du dixième au treizième siècle le pays le plus civilisé de la chrétienté; au milieu des ténèbres du Moyen âge il a brillé d’un éclat qui attirait vers lui tous les esprits et tous les cœurs; l'Europe entière s’est tournée vers Ja Provence, s’est enivrée de ses chants, l'Europe entière les a imités. La première, la Provence a donné au monde l'exemple de la chevalerie et du pur amour; elle a dans une époque barbare cultivé les sentiments les plus raffinés, elle les a célébrés sous une forme charmante. Il n’y a eu de poésie au Moyen âge que par la Provence, et toute poésie procède d'elle, celle des Minnesinger allemands et celle des grands poètes italiens et celle des Trouvères français. Gette gloire lyrique, Raynouard et Rochegude nous l'avaient restituée, les étrangers eux-mêmes nous l'avaient accordée; Fauriel a fait plus : il nous a donné la gloire épique. Ces- rudes chansons de geste, ces romans délicats et chevaleresques dont la France et la Bretagne étaient si fières, ce.sont nos aïeux qui les ont inventés. Les Trouvères français ont copié nos récits épiques ensevelis aujourd’hui sous les ruines de nos cités... Car la France ne s’est pas contentée de nous copier, elle nous a pillés. Elle a volé ses droits et ses titres à la Provence, à la suite d’une guerre inique, flétrie aujourd'hui par tous les historiens... Que vient-on nous parler de la primauté de la langue et de la littérature françaises? C'est la Provence qui est l'initiatrice de la civilisation moderne, et la force seule a dompté son génie. Mais voici qu'il se relève : de toutes parts des chants montent pour attester la vivacité de la vieille langue d’oc. D. F |

Voilà ce que pouvait penser vers 18b0, à la lecture des historiens français un jeune lettré de Provence, qu'il s’appelât Joseph Roumanille, Théodore Aubanel ou Frédéric Mistral. "Et ce n’est point là simple imagination; ne trouvons-nous pas à cha-

que instant dans le Miugrano des citations des Troubadours en épigraphes? Mistral ne fait-il pas dans Mirèio#, d'une manière un peu forcée, qui dénote l'intention précise, une allusion à la croisade contre les Albigeois, et plus tard n’essaie-t-il pas d'évoquer dans Calendau la littérature d’oc au Moyen âge avec un luxe de détails qui dénote en lui un lecteur des romanistes et des historiens dont nous venons d'examiner l’œuvre“, puisqu'il cite en note l'édition de Girard de Roussillon, par Francisque Michel # ou celle de Flamenca par Paul Meyer.

Il est plus précis encore et plus vif. Lisons la note qu'il met

l'invocation de Calendau. Il y parle en termes très nets des envahisseurs du Nord; il montre comment la croisade de Simon de Montfort, dirigée ostensiblement contre les hérétiques, avait en réalité pour but de soumettre les villes libres du Midi. II regrette que cette nationalité romane n’ait pu s'épanouir au soleil, alors que les diverses provinces du Midi étaient toutes « prêtes à former un Etat de Provinces-Unies »; il parle, lui aussi, de l’œuvre de l’Inquisition, et il ajoute avec une mélancolique résignation

« Ï1 fallait, paraît-il, que cela fût pour que la vieille Gaule devint la France moderne. Seulement les Méridionaux eussent préféré que cela se fit plus cordialement et désiré que la fusion n'allât pas au delà de l’état fédératif. C'est toujours un grand malheur quand par:surprise la civilisation doit céder le pas à la Barbarie et le triomphe des Franchimands retarda de deux siècles l’histoire du progrès. »

Plus loin, quand dans une apostrophe célèbre, il a peint le sort de la langue d’oc « mise nu-pieds et bâillonnée », obligée d'aller vivre parmi les pâtres et les marins, il ajoute en note comme commentaire une citation de Fauriel“, à

43. Y. chant ix, strophe 20. Mistral dut, lui-même, à la requête de son amprimeur, Séguin, atlénuer la strophe et remplacer le mot Traite (traître) qui s’appliquait aux Croisés de Montfort, par le mot Zdu. V. Jourdanne. Histoire du Félibrige, p. 47. Dans le même esprit, v..la note > du ch. vi de Mirèio.:

HAN. chant 1.

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