V. notes du chant rv
46. Mistral cite ce texte de Fauriel : « Si les Troubadours dirent franchement. et courageusement son fait à la Croisade, celle-ci en prit sa revanche. Les suites
À la même époque, s'adressant aux Catalans, il évoque ce commun passé de gloire et de poésie qui fut celui de la Catalogne et de la Provence, quand le comte Béranger avec ses voiles blanches entrait dans le Rhône pour recevoir la main et la couronne et les diamants de la princesse Douce, quand les Troubadours -chantaient librement l'avènement d’un monde neuf, quand la république d'Arles au fond de ses marais parlait en face à l'Empereur, quand Tarascon, Beaucaire, Toulouse et Béziers d’un seul cœur Couraient sus à l’envahisseur, quand Avignon barricadait ses portes devant Louis VIII de France, quand Pierre d'Aragon tombait sur les remparts de Muret pour la grande cause méridionale 47,
En même temps il évoque au château de Romanin les dames du temps jadis et leurs Troubadours, Phanette de Gantelme, Azalaïs et Bertrand d’Alamanon, Pierre de Châteauneuf et Jeanne des Porcellets, Guy de Cavaillon et Hugues de Sabran, Raimbaud de Vaqueiras et Béatrix de Montferrat, Bertrand de Born, Pierre Vidal, la comtesse de Die, Blanchefleur de Flassan, toutes les beautés qu’il devait encore évoquer au seuil de la vieillesse dans telle ou telle chanson des Olivades‘.
Mais nous ‘ne saurions énumérer iei toutes les -allusions que l'on peut trouver dans l'œuvre de Mistral à ce Moyen âge méridional; cette vision est un des soutiens de sa poésie et de sa pensée, et cette vision, il ne l’a trouvée ni aux champs de Maillane, ni au lycée d'Avignon, mais à la Bibliothèque d'Aix “#, en lisant les romanistes et les historiens, dont on voit bien par conséquent qu'il n’était pas inutile d'analyser l’œuvre patiente.
furent mortelles pour la poésie provençale. Les procédures de l’Inquisition contre les personnages suspects d’hérésie, l'institution d'une Université à Toulouse, la guerre déclarée aux écrits en langue provençale acccélérèrent la chute de la Htféiabire provençale; elles la tuèrent en fleurs, sans lui laisser le temps de porter des fruits. » Introduction à l'Histoire de la Croisade contre les Hérétiques Aibigeois, écrite en vers provençaux par un poète contemporain, traduite et publiée par Fauriel; Paris, 1837.