‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 27 sur 182 · Journal des Savants, pp. 97 et · texte numérisé non relu

Journal des Savants, pp. 97 et

7. Nodier : Œuvres complètes, éd. 1875. Nouvelles, et particulièrement préface de La Fée aux Miettes.

sophe, et même le desservant de la chapelle qui était un digne prêtre ».

Il y a pris le goût des histoires que le peuple se raconte; 21 les préfère aux vieilles fables de l'antiquité grecque et latine, dont l'éducation classique « farcit la tête des enfants, alors qu'on leur laisse ignorer les légendes de leur pays ». N'est-ce point, demande-t-il plaisamment, « une méthode d’abrutissement et de dégradation intellectuelle?8 » A Besançon encore il a vu, il a aimé les théâtres dé marionnettes, avec leurs Polichinelles et leurs Arlequins, et surtout le « Barbisier » franc-comtois, qui le jour de la Noël exprime « aux pieds du Dieu nouveau-né les véritables doléances du vrai peuple®. »

Pour avoir de tels souvenirs d'enfance, il sait bien que la vraie poésie ne se trouve point dans les bibliothèques, mais dans la nature et la tradition populaire. « Il faut feuilleter les vieux livres qui ont été écrits par des hommes simples ou s'asseoir dans quelque village écarté, au coin du foyer des bonnes gens. .C' est là que se retrouvent de touchantes et magnifiques traditions, ‘dont personne ne s’est jamais avisé de contester l’autorité et qui passent de génération en génération comme un pieux héritage sur la parole infaillible et respectée des vieillards. »

Aussi n’a-t-il point assez de moqueries pour les pauvres savants qui croient que c’est d'Orient que nous viennent les contes de fées. « Que ne sont-ils assis quelquefois, ces orientalistes passionnés, sous le chaume du paysan ou près de la baraque nomade du bûcheron ou à la vieille parlière des teilleuses ou dans la joyeuse écraigne des vendangeurs. Loin d’accuser Perrault de plagiat ils se plaindraient peut-être de la parcimonie avec laquelle il a distribué à nos aïeux ces surprenantes chroniques des âges qui n'ont pas été... . Depuis la vieille femme sentimentale, rêveuse et peut-être un peu sorcière... »

Et ici je ne puis m'empêcher d'évoquer le profil de la vieille Tavèn de Mirèio..

Qui s’est te la première d’improviser ces fabliaux poé-

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