‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 33 sur 182 · Histoire de Provence. Introduction · texte numérisé non relu

Histoire de Provence. Introduction

sant. Vingt ans plus tard, ce sont des Souvenirs el Sites de la Provence?, quelques pages où apparaît le vif sentiment des choses provençales, - sont à retenir; une description des Baux, une excursion à Salon, quelques notes sur Marseille, et cette phrase touchante : « Le moindre voyage à travers un coin de ma chère Provence ‘me cause toujours une véritable émotion filiale®. »

Avec de tels sentiments, comment n’aurait-il pas à diverses reprises, montré de la sympathie aux écrivains qui essayaient de faire revivre la vieille langue nationale? Il encourageait Bénédit; il lui écrivait, s’emparant à son tour de l’idée albigeoise, qui, on le voit, faisait son chemin :

« Nous, Provençaux, devons-nous nous ranger du côté des vainqueurs, du côté de ce Breton, de ce comte de Montfort, qui vint, de ses mains barbares, égorger la dernière Muse méridionale sur l'immense bûcher de Toulouse? Non, nous devons toujours protester contre l'injustice du sort: »

Et, montrant la vieille défiance du Marseillais à l'égard de Paris, il continuait : « Des provinciaux infectés de parisiartisme professent le plus profond mépris pour notre ancienne langue et se font les stupides échos de cette badauderie parisienne, qui s’égaye lourdement aux dépens de notre Cannebière si raillée. Ce qui les console, ces Provinciaux de bon ton, c’est l'espérance qu'ils nourrissent de voir s'envoler, le jour où le dernier rail de chemin de fer de Marseille à Paris sera posé, la dernière syllabe de notre patois. Ils s’abusent étrangement. Les patois ont la vie dure, et ils ont parfaitement raison, Les patois peuvent s'effacer un peu dans certains quartiers des villes opulentes, mais ils savent se ménager parmi le peuple de l'atelier et de la mer, parmi les agriculteurs, des asiles que le français ne saurait complètement envahir15. Il: y aura toujours en Provence des esprits et des cœurs qui formeront autour de notre patois un de ces remparts que rien ne pourra faire disparaître. »

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