Beatrice, 1840. ù
19. Histoire de la jeune Allemagne, 1849. Etudes sur la Révolution en Alle. magne, 1853.
taient des races qui cherchaïent confusément leur route, lui qui plus tard devait être attentif aux efforts de la Bohême, de la Hongrie, de la Serbie. D'ailleurs n’avait-il point vu ce que l’on pouvait espérer de la poésie renouvelée des provinces, lui, qui avait voué à Brizeux un culte amical et qui devait, en 1858, recueillir son dernier soupir, lorsque le. poète breton, en proie à la phtisie qui le consumait, était venu demander à l'air sec de Montpellier l'espoir d’une guérison, ou du moins un apaisement à ses souffrances”,
Aussi quand les jeunes poètes d'Avignon cherchèrent pour leurs premières productions, encore hésitantes, l'autorité d’un nom favorablement connu dans le Midi, c’est vers ce jeune professeur, si sensible à la poésie du peuple, et qui depuis près de dix ans.s’était fait connaître par sa collaboration à la Revue des Deux-Mondes, que tout naturellement ils se tournèrent.
Tout de suite il les accueillit avec sympathie, et ce fut avec une joie véritable qu'il écouta les chants de cette Muse popu- Jlairé, comme l’on disait alors, qui flattait à la feis ses sentiments d'artiste, d'érudit et de catholique. Il écrivit pour le recueil collectif qui fut publié en 1851 sous le titre Li Prouvençalo?! une introduction, qui témoignait d'une largeur de vues peu commune : « Il s’accomplit, disait-il, depuis une vingtaine d’années environ un mouvement d'idées tout à fait inattendu et bien digne de fixer l’attention des esprits clairvoyants; d’un bout de : l'Europe à l’autre les traditions nationales sont remises en honneur : les influences du sol reprennent leur pouvoir; maints souvenirs effacés se raniment; maintes langues que l’on croyait mortes semblent miraculeusement retrouvées, Tantôt ce sont des races entières qui prétendent réformer les arrêts de l’histoire et vont chercher dans la poussière des siècles leurs titres déchirés, leurs idiomes disparus, leurs institutions abolies, pour reconquérir une place au soleil; tantôt ce sont seulement des instincts domestiques qui se réveillent : le sentiment filial des cho-
20. V. Ecrivains et Poètes contemporains, 186r, petite préface à l'édition de Brizeux, 1860, Ne |