‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 41 sur 182 · Cité dans la préface aux Œuvres, de Poncy; Toulon · texte numérisé non relu

Cité dans la préface aux Œuvres, de Poncy; Toulon

9. V. ce que dit Michelet de la popularité de Béranger. (Le Peuple, p. 149.)

force sur Hégésippe Moreau, Charles Poncy ou Pierre Dupont. En langue provençale ou française ses imitateurs sont innombrables. Le premier il donne l’idée que le peuple peut et doit avoir une poésie. à

Avec Béranger ce fut Lamennais qui semble avoir fait aux jeunes intelligences populaires l'appel le plus véhément. Tout son Livre du Peuple (1838) est soulevé par un mysticisme humanitaire, dont le tôn est tout à fait celui que nous pourrons retrouver chez la plupart des ouvriers-poètes. Le droit du peuple à l'instruction t® y est nettement indiqué, et, en même temps que ce droit, la confiance dans le désir croissant que le peuple aura de cette instruction :

« À mesure que votre aisance augmentera, dit l’auteur, à ses lecteurs populaires, vous serez moins absorbés dans les besoins du corps; des besoins d’une autre nature s’éveilleromt en vous et réclameront à leur tour l'aliment propre à les satisfaire. Vous voudrez savoir et vous le pourrez, parce que ni les secours ni lé loisir nécessaires pour cultiver l'esprit, acquérir la science, ne vous manqueront plus. Tous puiseront à la source ouveïte à tous: »>

Et Lamennais, croyant à la perfectibilité indéfinie de tous les êtres par l'éducation, ajoutait avec confiance : É

« Alors de secrètes puissances, actuellement endormies en vous, y développeront comme un nouvel être sans cesse agrandi par la connaissance qui se dilatera sans cesse et avec elle le sentiment de l’art et ses délicates jouissances et les joies intimes, inépuisables que produit la contemplation du vrai et du beau't. »

Reprenant les mêmes idées, trois ans plus tard, il y ajoutait une considération très importante : c'est que le peuple doit être lui-même l'instrument de son propre salut intellectuel. Sans doute la société doit au peuple « l’instruction nécessaire au développement de l'intelligence, l'aliment de l'esprit », mais, « le reste dépend du peuple lui-même, de lui seul. Des moyens d’instruc-

u 10. Il faut noter aussi en ce sens le Claude Gueux, de V. Hugo (1834), dont là conclusion est celle-ci : « La tête de l’homme du peuple, voilà la question. Cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, vous n’aurez pas besoin de la couper. »

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