‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 45 sur 182 · Le Compagnon... Préface de · texte numérisé non relu

Le Compagnon... Préface de

29. V. Calendau, ch. vi et la note de la page 297 (éd. Lemerre) où il cite Agricol Perdiguier.

30. Le Museon Arlaten est le musée fondé par Mistral et installé à Arles

les images ou les objets qui rappellent les Compagnons, et l'on comprendra pourquoi nous avons cru devoir insister sur cette littérature des « Compagnons » très oubliée aujourd’hui et dont on n'a point montré suffisamment le rapport avec le développement de la poésie populaire en Provence.

Avec Charles Poncy les rapports de George Sand ne sont pas moins intéressants. Elle avait accepté d'écrire, en 1844, la préface du second recueil de vers que publiait à cette date le jeune maçon toulonnais, dont nous parlerons tout à l'heure. Il convient de dire que dans son premier recueil le jeune poète l'avait appelée « la mère de son cœur » et.« sa sainte patronne ». C'était là de quoi toucher le cœur volontiers maternel de la grande romancière.

Cette préface est pleine d'intérêt : toute la doctrine littéraire de 1848 y palpite en phrases émues. Ce n’est pas seulement, d'après George Sand, une œuvre littéraire que doivent entreprendre les ouvriers-poètes, c'est une œuvre $ociale. Sans doute « n’eussent-ils rien de mieux à faire que d’initier leurs compatriotes des classes pauvres à la beauté des formes du langage, ce serait encore un rôle très élevé, mais ils font plus, car ils sentent que le peuplé a plus à faire. Le peuple est linitiateur providentiel, fatal, nécessaire et prochain aux principes d'égalité contre lesquels le vieux monde lutte encore... Le peuple est virtuellement, depuis la naissance des sociétés, le Messie promis aux nations: c’est lui qui accomplit et doit continuer l'œuvre du Christ, cette voix du ciel descendue dans le sein d’un prolétaire, ce Vefbe divin qui sortit de l'atelier d’un pauvre charpentier pour éclairer le Monde et prophétiser le royaume des cieux, c’est-à-dire, le règne de la fraternité parmi les hommes... Allons, poètes prolétaires, à l’œuvre! Chantez vos hymnes de vérité! Trouvez-la donc cette loi religieuse, sociale et politique qui réunira tous les intérêts en un seul, et qui mêlera de nouveau toutes les races dans une seule famille. »

dans l'hôtel de Laval, où se trouvent rassemblés tous les souvenirs du passé provençal et félibréen.

Page 1