‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 68 sur 182 · V. Donnadieu : op. cit · texte numérisé non relu

V. Donnadieu : op. cit

18. C’est à l'influence de Jacques Azaïs que l’on devait ce concours en langue d'oc. Voir à son sujet, F. Donnadieu : Les Précurseurs des Félibres. Jacques Azaïs (1778-1856) publie en 1842, en deux volumes ïin-12 (Béziers) ses poésies en dialecte bitterrois (contes, fables, satires, épîtres). Une nouvelle édition en a été donnée en 1882, à Montpellier, sous° le patronage de la Société des langues romanes. De plus Jacques Azaïs avait formé le projet d’un dictionnaire de la langue d’oc, réalisé depuis par son fils Gabriel Azaïs, et publié par la Société des langues romanes de Montpellier.

Notons que l’année suivante (1840) la Societé archéologique ‘de Béziers donne un prix de langue d’oc à Daveau, le coiffeur-poète de Carcassonne dont nous avons parlé (III° partie, ch. 1), pour um poème sur le Passage de la Mer es dé Las Pouesios bariados, de Daveau, coiffeur; Carcassonne, 18417, p. 139.

d'Eliezer, mais ce n’était là qu'une œuvre académique. En 1840, après la publication d’un assez gros ouvrage en français, le Don Quichotte philosophe, il était frappé d’une attaque d’apoplexie à la table de son ami, le curé de Cucuron. Ainsi finit ce brave homme, sottement persécuté, et qui, s’il ne fut pas un vrai poète, découvrit à tout le moins les thèmes poétiques que devait traiter la jeune poésie provençale, eut l’idée du dictionnaire que devait composer Mistral, et sut, de toutes façons, montrer à ses successeurs la route véritable. |

Ce n’est pas qu'il eut une grande foi dans l'avenir, lui qui écrivait en 182g, à propos de ses Fables : « Ce sont vraisemblablement les dernières poésies provençales que je livrerai à l’impression et peut-être les dernières qui se feront en cette langue, mais, loin de le souhaiter, je désire au contraire qu'un autre fasse mieux que moi... »

Il le désirait sans le croire, ce fut son désir qui fut exaucé.

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