‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 78 sur 182 · LE · texte numérisé non relu

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. miers cmnibus qui font l’étonnement de la population, ses nervis, son animation joyeuse où parfois se fourvoie quelque

‘campagnard malhabile, Et tout cela est peint non point certes

avec le pinceau de Gelu, mais avec un certain naturel, parfois uné forte crudité d'expression, qui a son pittoresque. Chailan ose faire dire à un ivrogne en train de boire

Es leis angis doou ciel que pissoun dins la bouquo?.

Ce Bénédit, qui devait donner le portrait définitif du nervi, était un artiste et un véritable lettré, ce qui le distingue tout de suite d’un Bellot ou d'un Chailan. Il exerça pendant des années à Marseille la double fonction de critique littéraire au Sémaphore et de professeur de chant et de déclamation au Conservatoire. Il eut pu même, en cette qualité, être nommé à Paris,

. mais il refusa cette proposition flatteuse, pour ne pas se séparer

de sa vieille mère et préféra ce qu'il appelait son obscurité®.

Obscurité sans doute, si l’on songe à la gloire parisienne et nationale, mais célébrité locale, et le vrar titre à cette célébrité, en dehors de ses feuilletons et de ses cours, en dehors de quelques contes provençaux que nous pouvons négliger, ce fut d’avoir écrit Chichois*,

Le fait est d'autant plus notable que Bénédit est un converti. Tel quel Bénédit ne songeait point à écrire en provençal. Il avait le tempérament d’un Méry ou d'un Gozlan, et sans doute en aurait eu la carrière brillante, facile et vaine, s’il n’avait été aussi profondément attaché à sa ville et à sa famille. Lui-même nous fait l’aveu que pendant de longues années, il éprouva pour la poésie provençale « une assez vive répulsion ». Non pas qu'elle lui parut trop grossière, mais plutôt trop fade; il ne voyait aucun rapport « entre la langue provençale formulée en

hexamètres et cette même langue parlée chez le peuple avec une

aisance et un naturel si parfait? ».

24. « Ce sont les anges du ciel qui pissent dans la bouche. »

25. Voir Lettre citée par J.-Ch. Roux dans Le Cercle artistique de Marseille, p- 6, Paris, Lemerre.

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