‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 87 sur 182 · Chansons, éd. de 1855. Avertissement · texte numérisé non relu

Chansons, éd. de 1855. Avertissement

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importants » qui « affichait des airs de suprématie » Roumanille, Aubanel, Crousillat, Mistral, J:B. Gaut. S'il consentit à chanter au dîner, ce fut pour donner « un effroyable coup de massue qui écrasa tous ces arrangeurs de diminutifs% », qui se hâtèrent de rengaîner la plupart de leurs manuscrits ». Quand

à la sortie Roumanille, entouré de ses fidèles, vint le féliciter,

et lui serrant la main avec force, lui dit : « Ah! Monsieur Gelu,

-combien nous devons vous paraître tous petits », il répondit

rudement : « Eh! mon Dieu! chacun fait ce qu'il peut5. »

Et depuis il n’y eut point de réunion félibréenne où l’on peut se flatter d’avoir revu le chansonnier. « De même, dit Mistral, que les lions devenus vieux vont vivre solitaires dans le fond du désert, ainsi le vieux poète, qui, tout en maniant magistralement sa langue avait désespéré de sa résurrection, en voyant après lui monter ces jeunes, ivres d'enthousiasme et d’espérances provençales, fit seul sa bande à part, et, An. muet, laissa courir la farandole5. »

Encore s’il s'était contenté de laisser courir, mais il ne manqua- point une occasion d’exhaler sa colère contre les Félibres. D'abord il ne répondit plus à leurs invitations; ensuite s’il ne prit point parti publiquement contre eux il écrivit dans son

Testament littéraire » « De par la sacristie, de par Lamartine, de par l’invincible Cyrus de Solférino, Frédéric Mistral est un grand homme, bien plus grand que le divin Mélésigène. » Déjà il avait traité Jasmin de « perruquier bavard, égoïste enragé, diseur faux et grimacier dont la sensiblerie minaudière fait mal entre les deux épaules ». Mais il reconnaissait en lui un vrai poète. « Il faut lire et relire Jasmin, il ne faut ni le voir ni l’entendre », disait-il.

Dans Mirèio au contraire c’est à peine s’il trouve cinquante vers bien venus. Enfin il finit par s'écrier avec rage, agacé peut-être d’un succès qu'il n'avait point connu lui-même

« Je ne suis point Félibre. Ce nom barbare serait une grande

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