‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 89 sur 182 · Nom d'une partie des vieux quartiers de Marseille · texte numérisé non relu

Nom d'une partie des vieux quartiers de Marseille

Pourtant si différent qu’'ait été Gelu des premiers Félibres, sur un point au moins il a travaillé dans le même sens qu'eux, et c'est en cé qui regarde la simplification de l'orthographe. Nous verrons quelles ont été les théories de Roumanille, qui a fini par faire adopter généralement son orthographe phonétique; Gelu sur ce point l'avait devancé, Dès 1840, il écrivait le plus simplement qu'il pouvait, et en 1855 il déclarait, tout en proclamant vaine toute tentative d’unification orthographique, qu'il écrivait sa langue « exactement de la même manière » qu'on la prononçait, et « comme si c'était de l'italien, sans aucune lettre inutile ». Il -renouvelait l’année suivante cette déclaration, se défendant d'écrire les « r » des infinitifs, les « &t » des participes, les « s » des pluriels, les consonnes qui terminent les temps des verbes au pluriel, le « t » final des adverbes de manière provenant d’adjectifs..… C’est dire qu'il répudiait toute orthographe étymologique, et c’est justement en ce sens que s’exerçait l'effort des poètes d'Avignon.

Telles quelles, ses chansons ne furent pas aussi méconnues que pourrait le faire supposer a misanthropie de Gelu. Il fut célèbre à Marseille et dans toute la Provence, à partir de 1840; outre les deux éditions de 1840 et de 1856 Gelu put en donner une en 1861, dans laquelle, sans manquer de parler de « l’horreur générale qui accompagne le patois » il consent à mettre une traduction littérale de ses chansons, en s’excusant d’ailleurs sur l'impossibilité de les traduire exactement. Cette traduction devait lui valoir un plus grand nombre d’admirateurs. Il en trouve même à Paris. En 1864 Philarète Chasle, consacrant une de ses leçons du Collège de France à la littérature du Midi, se mit à lire des vers de Gelu. Le lendemain il écrivait lui-même à M. Moutet d’Aix : « Ils étaient là, sept où huit cents très madrés. Les comtesses et les étudiants, les gros et les petits de Paris ont pleuré et applaudi la Veouzo Megi, qui a obtenu le plus complet triomphe dans la vieille salle de Delille, d’Andrieux, d'Ampère et de Rossi. Les grands traits marseillais ont été, non sans raison, trouvés sublimes (12 janv. 1864) %. »

Mais ce n’était pas tout de même le succès de Mirèio, la gloire

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