‹ La Renaissance ProvençaleChapitre 98 sur 182 · PORT I NET · texte numérisé non relu

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genre de poésie qui fait en moi si beau jeu au lecteur, au conteur; donnez-moi des chefs-d’œuvre dans les deux autres genres, dialectique et romantique et le geste et l'œil et la voix, tout s'éteindra en mois0... »

Ce fut justement sa grande intelligence que de savoir quel

- était son genre et de s’y tenir; par là il évita de s’égarer comme

tous ceux dont nous avons raconté la médiocre histoire, mais en trouvant le bon chemin, en s’y engageant d’une manière si triomphale, il le montrait à d’autres, il le montrait à ce jeune Joseph Roumanille, qui, à son exemple sans doute composait des poèmes sentimentaux et-dramatiques®t, il le montrait, plus tard, à ce jeune Frédéric Mistral, qui composait en 1853 « La Fin du Moissonneur® », poème populaire et touchant, il le montrait à tous les jeunes gens qui dès 1852, non contents de publier leurs vers, voulaient eux aussi les réciter devant un public, comme Jasmin, et qui, pour les réciter, organisaient les Congrès d'Arles et d'Aix.

Oui, déjà dans ces poèmes populaires de Jasmin, il nous est permis de voir un premier crayon de Mirèio, non pas seulement parce qu'ils sont écrits en langue d’oc, mais par le cadre, l’atmosphère même où ils se déroulent, par la couleur de leurs

paysages, par la vérité de leurs personnages, par tel ou tel

détail de composition. Dans l’Abuglo, dans Françouneto on voit apparaître une sorcière et un sorcier, qui. ont bien quelque parenté avec la vieille Tavèn, créée par Mistral, dans Françounelto on chante une chanson d'amour, comme au chant III de Mirèio s'élève la fameuse chanson de Magali. Ecoutons le début de Maltro :

Pret des bors que lou Lot, sans brut, cade moumen, Poutounejo fresquetomen Dambé soun aigo fino-claro, Débat d’ourmes folchuts un oustalet se sarro... 34

30. V. Leitre à Suinte- -Beuve, citée au t. III des Œuvres. Appendice.

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