‹ La rencontreChapitre 9 sur 13 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

TULLIA

Pour vous, la raillerie esc-elle un si doux jeu?

FABFEy.

Pour vous, la fourberie esc-elle si charmante?

TULLIA

Ah ! c'en est trop ! — Pourquoi voulez-vous que je mente?

FABIEN

Mais que voulez-vous donc me faire croire? Et vous, Que croyez-vous vous-même, enfin?

TULLIA

C'est qu'encre nous Tout n'est pas mort, peut-être, ec que couc peut revivre! Je veux que vous croyiez au remords qui vous livre Pour l'en purifier mon cœur sous vos mépris î Ce que vous me cachez, Fabien, je l'ai compris Au soin que vous prenez d'en comprimer li plaince ! Ce que je sais, ami, c'esc que je suis sans feince! Que je lis dans vos yeux comme en vocre pâleur! Ec que, cransfigurée en sondant ta douleur.

Je mérite un pardon qui sera mon baptême !

Mieux, et plus qu'autrefois, Fabien, crois que je t'aime!

FABIEN, passionnément.

TuUia! dis-tu vrair^

TU L LIA, de même.

Vois si mes yeux sont faux !

FABIEN, à part.

O femme ! ô souvenir plus tranchant qu'une faux ! Qu'elle est belle pourtant!

Haut.

Oh ! ne sois pas si belle !

TULLIA

Oui! belle, je le sens, d'une beauté nouvelle!

FABIEN

Tous les parfums des bois sortent de ses cheveux î

La prenant dans ses bras et l'asseyant sur un banc.

Eh bien, apprends-le donc de moi, si tu le veux! En vain depuis six mois je te fuis; ton image Me précède partout, m'attire davantage ! Oui, tu l'as deviné, je raillais en effet!

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