‹ La rénovation de l'AsieChapitre 58 sur 77 · PRINCIPALES EXPORTATIONS DU JAPON EN · texte numérisé non relu

PRINCIPALES EXPORTATIONS DU JAPON EN

(Millions d<

ï yen.)

Soie grège et cocons

Thé

Riz ,

Tissus et mouchoirs de soie.. .

Dans l'ensemble, les objets manufacturés exportés, dont je n'ai cité ci-dessus que les plus importants, avaient, en 1895, une valeur de 40 millions de yen et la même à 100 000 yen près en 1896. Pour 1897, on arrive à 52 millions de yen, pour 1898 à 63 millions. Ces chiffres représentent respectivement 30,34, 32! et 38 0/0 du total des sorties de produits indigènes; on est loin des 6 0/0 d'il y a quinze ans.

Les Japonais, à qui les allumettes chimiques auraient paru, en 1850, des engins mystérieux et magiques, en fournissent aujourd'hui toute l'Asie orientale, de la Corée à Singapore; leurs filés de

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coton, fabriqués avec un textile qu'ils ne cultivent presque pas et qu'ils importent des Indes, viennent faire concurrence en Chine aux marchandises similaires importées de ces mêmes Indes; leurs soieries, comme leurs nattes, se répandent dans le monde entier; leur charbon, inférieur sans doute aux excellentes houilles du pays de Galles, trop gras, donnant trop de fumée, se consumant trop vite, mais bien meilleur marché, alimente tous les navires qui visitent les ports de l'Extrême-Orient, de la Corée au détroit de Malacca. Pendant ce temps, les anciens articles d'exportation conservent leur importance, l'accroissent même : l'augmentation des envois de soie grège témoigne des progrès faits par la sériciculture; dans les industries d'art, l'industrie tend évidemment à prédominer de plus en plus sur l'art, c'est, hélas! la tendance de la civilisation moderne; la quantité toutefois compense la qualité et si l'on n'exporte plus guère de pièces de très haute valeur, le Japon n'en envoie pas moins au dehors plus de laque et de porcelaine que jamais. Mais le fait le plus caractéristique du mouvement commercial japonais est, toutefois, l'exportation croissante des produits des nouvelles industries, au premier rang desquelles figure celle toute récente de la filature du coton.

La composition des importations s'est aussi notablement modifiée. En dehors du sucre et du pétrole, elle se composait à peu près exclusivement, il y a quinze ans, il y a douze ans même, d'articles manufacturés : filés et tissus, de coton surtout, fer ouvré et machines. Quant aux matières premières nécessaires à l'industrie, il n'en entrait, en 1883, que pour 500 000 yen à peine sur 32 millions, en 1886 pour 800 000 yen, dont 618 000 de coton brut. Dès 1888, le

chiffre relatif à ce dernier article avait presque décuplé et s'était élevé à 5 669 000 yen, représentant 38 millions de kilogrammes; en cette année, cependant, les matières premières ne formaient que 10 0/0 des entrées, les objets d'alimentation et nécessaires à l'existence (céréales, sucre, pétrole, etc.) 15 0/0; les objets manufacturés 75 0/0. Depuis lors, l'industrie cotonnière a crû à pas de géant et l'importation du coton brut a atteint 61 millions de kilogrammes en 1894, puis 86 en 1895, 101 en 1896 et 133 millions de kilogrammes valant 43 millions de yen en 1897. Cette marchandise vient aujourd'hui au premier rang de toutes celles que le Japon fait venir de l'étranger. En y joignant les autres matières premières (1 million de yen de laine, 934000 yen de fer en gueuse, 477 000 yen d'acier, etc.), on arrive en 1897 à un total de 59 millions, soit, cette fois, 23 0/0 de l'ensemble des entrées, tandis que les articles de consommation forment 23 0/0 également. Le grand accroissement des articles de consommation dont il est entré aussi 59 millions de yen en 1897 contre 34 seulement l'année précédente provient de plusieurs causes, dont l'une est exceptionnelle : la mauvaise récolte de riz, en déficit de 20 0/0 sur la moyenne, qui a nécessité l'importation de 3 800 000 quintaux de riz valant 21800 000 yen au lieu de 1100 000 quintaux et 5 600 000 yen l'année précédente.

Mais il y a d'autres causes permanentes : en premier lieu, chaque année, même lorsque la récolte est suffisante, on importe pour 4 à 8 millions de yen de riz commun de Corée et d'Indo-Chine, afin de compenser l'exportation des riz supérieurs du Japon, qui atteint une somme à peu près équivalente et se dirige vers l'Europe et les États-Unis. Même avec la mau-

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vaise récolte de Tannée dernière cette exportation s'est élevée à 6 millions de yen : c'est un phénomène analogue à celui qui se produit en France pour les vins et un signe de progrès commercial. En dehors du riz, les arrivages de sucre ont énormément augmenté au Japon (192 millions de kilogrammes valant 19 800 000 yen en 1897 contre 136 millions de kilogrammes en 1896, 145 en 1895 et 64 en 1888); de même pour le pétrole : 61 millions de gallons (de 41/2 litres) valant 7 667 000 yen en 1897 contre 54 millions de gallons en 1896, 44 en 1895, 55 en 1894 et 37 en 1889. Le développement de ces articles correspond à l'accroissement du bien-être et des besoins de la population.

Passant enfin aux importations d'objets manufacturés, il faut y distinguer deux grandes catégories : d'une part, les marchandises d'usage individuel qui sont, elles aussi, en quelque sorte, des articles de consommation; d'autre part, les articles destinés à augmenter l'outillage économique du Japon en vue de la production ultérieure dans le pays même et qui constituent des capitaux.

Dans la première catégorie se rangent d'abord les tissus et les filés de coton et de laine, puis les montres; dans la seconde les machines, les fers et aciers ouvrés, la matériel de chemins de fer. Les filés de cotons sont entrés en 1897 pour 9 625 000 yen contre 11 372 000 en 1896, 7 411 000 en 1895, 9 987 000 en 1890, 5 190 000 en 1885. Si l'on tient compte que ces filés viennent à peu près exclusivement d'Angleterre et que la valeur en or du yen a fortement baissé, on voit que cette importation n'augmente pas : sa constance relative correspond, étant donné l'accroissement énorme de la production indigène, à

une grande augmentation de la consommation; les filés importés aujourd'hui sont, du reste, des articles fins que le Japon ne produit guère. Les tissus de coton sont arrivés pour 9 800 000 yen contre 12 000 000 en 1896, 6 900 000 en 1895, 4 131 000 en 1890, 4 300 000 en 1885; il y a ici augmentation, venant toujours d'un fort accroissement de consommation. En ce qui concerne les filés de laine, on note 1 337 000 yen en 1897, 1100 000 en 1896, 951000 en 1894, 494000 en 1890 et, pour les tissus, 10200000 en 1897, 18 millions en 1896, 12 300 000 en 1895, 8 400 000 en 1890 et 1900 000 en 1885; l'industrie de la laine n'existe encore presque pas au Japon, où cette matière était tout à fait inconnue avant l'arrivée des Européens, car il ne s'y trouve pas un seul mouton i. Les montres, que j'ai rattachées à cette catégorie, étaient entrées, en 1897, au Japon, au nombre de 305 894 valant 4 901000 yen, contre 248 815 valant 1897 000 yen l'année précédente; on voit qu'elles sont fort bon marché, moins de 15 francs chacune.

La seconde classe d'articles manufacturés importés comprend pour 1897 : 8 300 000 yen de fers ouvrés, 13 600 000 de machines et chaudières, 5100 000 de locomotives et wagons, 3 300 000 de rails et 2 millions d'autres matériaux de chemins de fer , ensemble 32 300 000 yen (soit 15 0/0 de l'importation totale) contre 19 millions en 1896, 15 millions en 1895, 7 millions et demi en 1890 et 3 millions en 1885. Ce développement est l'effet du grand mouvement industriel commencé il y a dix ans, mais qui a pris un essor extraordinaire depuis la guerre, et est beaucoup plus rapide que celui de la catégorie précédente. Il

1. L'ensemble des filés et tissus de toute sorte importés en 1897 atteint ainsi Si millions de yen.

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atteste, comme les exportations, l'augmentation de la puissance productive du Japon, alors que la marche des autres importations fait ressortir l'accroissement de la consommation, qui est la conséquence du progrès de la richesse publique.

Au point de vue de sa répartition entre les différents pays, le commerce extérieur du Japon se partageait ainsi en 1896 (en millions de yen) :

Exportation

Importation

du Japon.

au Japon.

Total.

Les autres pays ont tous avec le Japon un mouvement commercial inférieur à 4 millions de yen. En tête vient la Belgique (3,2), puis la Suisse (3,1), la Russie d'Asie (3,1), l'Italie (2,8), l'Australie (2,3), les Philippines (2), l'Indo-Chine française (1,7), le Canada (1,6), etc. L'importance des échanges avec Hong-Kong laisse subsister une certaine incertitude sur les relations réelles avec d'autres pays, car cette colonie n'est qu'un centre de distribution. Le tableau cidessus montre la grande prépondérance à l'importation du commerce britannique, d'où viennent pour ainsi dire tous les tissus et filés de coton, plus des neuf dixièmes des machines et des fers, sauf lès clous, près de la moitié des tissus de laine, en un mot 1 énorme majorité des articles manufacturés; l'Allemagne envoie aussi des machines, des draps, presque tous les clous de fer, de l'alcool, du papier, du sucre;

la Belgique et la Russie expédient aussi des articles manufacturés et n'importent presque rien. La principale des exportations françaises est la mousseline de laine (5 700 000 yen) dont nous avons presque le monopole. Un cinquième environ des envois des États-Unis se compose de machines , de métaux ouvrés et autres objets fabriqués, le reste comprenant du pétrole, du coton brut, de la farine et des cuirs. Les autres pays n'envoient guère que des matières premières et des articles de consommation : coton de l lnde, qui est le grand fournisseur des filatures japonaises, et de Chine; riz et soie de Chine, de Corée et d'Indo-Chine; pétrole de Transcaucasie, laines d'Australie.

A l'exportation, les États-Unis et en second lieu la France, puis, fort en arrière, l'Italie, sont les principaux clients du Japon pour les soies grèges et aussi, dans le même ordre, pour les tissus de soie. Les cinq sixièmes du thé vont de même en Amérique, et le reste en Angleterre. Les filés de coton et les allumettes sont expédiés en Chine, en Corée et, pour les dernières, jusque dans l'Inde, le charbon sur toutes les côtes asiatiques du Pacifique, le cuivre à Hong-Kong, en Allemagne et en Angleterre. Enfin, le riz, le camphre, les nattes et paillassons, ainsi que les produits des industries d'art, sont répartis entre la plupart des pays d'Europe et les États-Unis.

Au brillant tableau du commerce japonais qui s'est développé avec une rapidité sans rivale, il existe cependant quelques ombres. L'un de ces traits défavorables, c'est que beaucoup de produits manufacturés du Japon encourent le reproche d'être de mauvaise qualité. Lorsque les industriels japonais entreprennent de fabriquer un article, ils le font

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d'abord très bien, puis, dit-on, se relâchent peu à peu, soit par négligence, soit parce que, la concurrence augmentant, ils veulent maintenir leurs bénéfices et livrent des produits inférieurs. On ne peut douter qu'il y ait dans ce reproche une part sérieuse de vérité et les Japonais instruits l'avouent eux-mêmes en le déplorant. Il est facile de citer des exemples : les allumettes sont moins bonnes qu'elles n'étaient autrefois. On se plaint aussi de la qualité de plus en plus médiocre des soieries dites haboutaye et surtout des mouchoirs de soie. Aussi l'exportation de ces derniers est-elle tombée de 1 855 000 douzaines en 1895, à 1 799 000 en 1896 et 1157 000 en 1897. Celle des haboutaye est, il est vrai, plus forte que jamais. Néanmoins, cette détérioration rapide des produits de certaines des nouvelles industries du pays est inquiétante. On le sent bien et l'on s'efforce maintenant de réagir contre cette fâcheuse tendance ; il semble qu'on y ait déjà réussi dans une assez large mesure. Sans doute, notre temps est plutôt celui des articles fabriqués en grand nombre, vite et à bon marché, qui s'usent tôt et qu'on remplace au bout de peu de temps, que celui des objets soignés, produits en petit nombre, durant longtemps et se prêtant aux réparations . Le commerce allemand , si brillant aujourd'hui, a dû, surtout à ses débuts, une bonne partie de son essor à la vente d'articles à bas prix, imitant les marchandises françaises et anglaises, et traitées dédaigneusement de camelote; malgré les progrès de l'industrie germanique, ce genre de produits occupe encore une large place dans ses exportations. Néanmoins, le Japon doit se souvenir qu'il serait imprudent de forcer la note.

Les négociants étrangers accusent encore, d'une

façon plus précise, les commerçants japonais de manquer de loyauté, de ne pas se soucier de leurs engagements, de chercher la moindre échappatoire que peut offrir un contrat, s'il arrive que son exécution entraîne pour eux une perte, ou s'ils croient pouvoir réaliser en ne l'observant pas un bénéfice supérieur : on fait remarquer souvent le contraste de cette conduite avec la fidélité à leur parole des grands commerçants chinois1. Force est encore ici de reconnaître qu'il y a trop de vrai dans ces reproches. Les Japonais, peuple féodal et militaire, qui honoraient le métier des armes, les lettres et les arts, ont, durant toute leur histoire, méprisé le commerce et l'ont abandonné aux classes inférieures. Les hommes qui s'y adonnaient n'étaient guère plus considérés s'ils étaient honnêtes que s'ils ne l'étaient pas. Aussi prenaient-ils souvent ce dernier parti. En Chine, au contraire, les marchands ont toujours formé, après les lettrés, la classe la plus honorée de l'Empire, alors que les militaires étaient méprisés et se recrutaient dans la lie de la population. Les idées ont beaucoup changé au Japon depuis trente ans, mais la plupart des commerçants sont encore les mêmes que ceux qui exerçaient cette profession auparavant, ou leurs fils, et il n'est pas étonnant que leur moralité ne soit pas, dès lors, bien élevée. Il n'y a pas si longtemps, ne l'oublions pas, qu'on a découvert en Europe que honesty is the best policy, que l'intérêt même du com-

1. Peut-être exagère-t-on un peu, cependant, la probité des Chinois en matière commerciale. Sans doute les grandes maisons de thés, de soies, etc., sont fidèles aux contrats, môme verbaux, qu'elles peuvent conclure, après avoir consciencieusement cherché à « mettre dedans » ceux à qui elles ont affaire dans la rédaction de ces contrats. Dès qu'on sort d'une mince couche supérieure, on est fort loin de trouver cette probité relative.

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merçant lui commande d'être probe. On ne pratiquait guère cette maxime au moyen âge ni sans doute dans l'antiquité, puisque le dieu du commerce y était le même que celui des voleurs. Avant la Restauration de 1868, les Japonais en étaient encore aux préjugés de la période féodale. Les préjugés eux-mêmes ont disparu, plus complètement peut-être qu'en Europe, mais certains de leurs effets subsistent.

Le temps non plus n'est pas encore toujours apprécié à sa juste valeur. Les négociants étrangers des ports ouverts se plaignent peut-être plus encore de l'inexactitude que du manque de loyauté de leurs correspondants indigènes qui semblent ne pas comprendre qu'un retard, ne fût-il que de trois ou quatre jours, a les plus graves inconvénients, peut occasionner des pertes sérieuses à la maison européenne qui comptait recevoir sa marchandise en temps donné, et causer aussi un grand préjudice au fabricant japonais lui-même, qui est exposé à se voir laisser pour compte la fourniture livrée après le moment convenu. L'un des plus vifs désirs des Japonais c'est de voir leur commerce, leur commerce d'exportation surtout, passer des mains des étrangers, où la plus grande partie en est concentrée aujourd'hui, à celle des nationaux. Bien qu'un léger mouvement se produise en ce sens, il ne pourra prendre d'extension que le jour où ils auront acquis des habitudes commerciales plus régulières.

Enfin un autre point qui a été un moment inquiétant, c'est l'excédent énorme des importations sur les exportations pendant les trois annéés 1896, 1897 et 1898. Le même phénomène s'était sans doute produit, quoique d'une manière moins accusée, pendant toute la décade de 1870-1880, alors que le Japon se

constituait un premier outillage européen sommaire. Mais il avait fait place ensuite, jusqu'en 1893 inclusivement, aune prépondérance constante des sorties de marchandises sauf en 1889. Depuis, la balance du commerce a de nouveau penché dans le sens défavorable au Japon et cela d'une manière extrêmement prononcée en 1896, 1897 et 1898. Il est vrai qu'une notable partie de cet excédent, pour les deux dernières années, provient de deux causes toutes temporaires : d'abord les deux mauvaises récoltes de riz de 1896 et 1897 ont amené en 1897 et 1898 des importations de cette céréale s'élevant à 21 et 48 millions de yen respectivement, au lieu de 6 à 8 millions, chiffre habituel; en second lieu certains produits ont été importés en quantités particulièrement considérables en 1898 pour échapper à l'application, à partir du 1er janvier 1899, de tarifs douaniers plus élevés, établis, du reste, dans un but purement fiscal. Pour le reste, ce fort excédent des importations provient en notable partie de l'augmentation de l'outillage national et correspond à un accroissement de la force productrice du pays ; il aura pour résultat, dans quelques années, quand la période d'installation sera franchie, une grande expansion des exportations. Mais, outre que le mouvement industriel a été peut-être mené un peu bien vite au Japon, l'excès d'importations coïncidant avec une réforme monétaire, aurait pu, s'il avait persisté, en compromettre sérieusement le succès, par les sorties d'or qu'il provoquait. Sans doute, l'indemnité de guerre chinoise a fait entrer de l'or dans le pays; mais il doit être en . grande partie employé à payer des commandes de navires et de matériel de guerre qui ne figurent pas aux tableaux de la douane; c'est la seule créance du

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Japon sur le dehors et elle eût été vite absorbée. Heureusement le commerce a repris en 1899 une marche plus normale; grâce à la bonne récolte de 1898 et à l'arrêt de l'emballement industriel exagéré, les entrées ont de nouveau dépassé les sorties et toute crainte de crise paraît écartée de ce côté.

L'essor du commerce japonais depuis un quart de siècle est vraiment extraordinaire. L'augmentation de la production nationale qui en est la cause est le fruit de l'énergie de ce peuple, et cette qualité qu'il possède à un si haut degré est rassurante pour son avenir. Sans doute, les progrès ne seront pas toujours aussi rapides, la concurrence des usines qui commencent à s'élever dans les ports ouverts de Chine pourra ralentir le développement de certaines branches, mais il ne faut pas oublier que les salaires haussent à Shanghaï, aussi bien qu'à Osaka ou à Tokio, et qu'avec l'accroissement du bien-être les besoins augmentent partout. L'acquisition de Formose permettra peutêtre un jour au Japon de trouver du coton et d'autres denrées tropicales à ses portes, sur son territoire même. L'excellence de sa position géographique et sa nombreuse population maritime lui garantissent, s'il est sage, un rôle de premier ordre dans le commerce du Pacifique.

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