‹ La rente 3% amortissableChapitre 15 sur 20 · RENTES · texte numérisé non relu

RENTES

400 fr.

405 fr.

2 me TABLEAU.

En achetant 15 fr. de rentes 3 % amortissable, au cours de 81 fr., coûtant 405 fr., remboursables à 500 fr. en 75 ans, par tirages annuels:

Si je suis remboursé dans :

J’aurai reçu

en

intérêts :

J’aurai reçu

comme

bénéfice au remboursement :

Soit

au total.

Ce qui équivaut à un

revenu annuel

de :

1 an.

15 fr.

95 fr.

110 fr.

2 ans.

L’écart entre les deux Ce qui prouve encore que les calculs qui ont été jusqu’ici cesse^n^tminuant P u t>liés pour déterminer la valeur exacte du 3 0/0 amortissable comparé au 3 0/0 ancien n’ont pas été suivis, c’est que, d’année en année, cet écart est allé en diminuant.

Fin décembre 1879, le .3 0/0 amortissable se négociait 2 fr. 55 plus cher que le 3 0/0 ancien ;

Fin décembre 1880, cette différence de cours était de

2 fr. 32 1/2 ;

Fin décembre 1881, cette différence était de 1 fr. 27 1/2 ;

Fin décembre 1882, le 3 0/0 ancien vaut 79 fr. 60 et l’amortissable 80 fr. 60 soit une différence de 1 fr. au profit de cette dernière.

On voit, par les chiffres qui précèdent, que, depuis sa création, la rente amortissable, n’a pu conserver l’écart de prix qui devait normalement exister entre elle et la rente ancienne

3 0/0. Les deux titres sont aujourd’hui presque au même cours, à quelques centimes près. Pour le public, 3 fr. de rentes, remboursables à 100 fr. sont estimés valoir, 80 fr. 60, tandis que 3 fr. de rentes non remboursables sont estimés valoir 79 fr. 60.

Il y a là une erreur d’appréciation et de jugement de la part des capitalistes ; et, nous voudrions démontrer encore rapidement, par de nouveaux arguments, l’avantage que les porteurs de rentes 3 0/0 ancienne peuvent trouver en échangeant leurs titres contre des rentes 3 0/0 amortissables ; cet avantage doit être également recherché par les capitalistes qui, désireux d’avoir en portefeuille des rentes françaises, donnent, à tort, la préférence au 3 0/0 ancien, tandis qu’ils devraient choisir le 3 0/0 amortissable.

Au point de vue des garanties, de la sécurité, du revenu, l’assimilation entre les deux rentes est complète. Même débiteur, l’Etat ; mêmes payements trimestriels des coupons d’intérêts, en janvier, avril, juillet octobre. Pour le 3 0/0 ancien, les coupons sont payables le premier de chacun de ces mois ; pour le 3 0/0 amortissable les coupons se paient le seize.

Erreur

d’appréciation

Les garanties ; la sécurité ; le revenu.

Les séries.

Les tirages d’amortissement.

Comment ils s’effectuent.

La rente amortissable a été, à son origine, divisée en 175 séries ou fractions égales, remboursables en 75 années, à raison de une série par an, pendant 29 ans ; 2 séries par an, pendant 18 ans ; 3 séries par an, pendant 13 ans ; 4 séries par an, pendant 7 an ; 5 séries par an pendant 5 ans et 6 séries par an, pendant les trois dernières années.

Il en résulte^que lo capitaliste qui possédait, dès la création de la rente amortissable, 175 séries, c’est-à-dire 15 fr. de rentes dans chacune des 175 séries, soit, au total, 2,625 fr. de rentes, est sûr d’avoir, tous les ans, uu titre de 15 fr. de 3 0/0 remboursé à 500 fr., soit 100 fr. par 3 fr. de rentes.

Depuis 1878,4 tirages d’amortissement ont eu lieu sur la rente amortissable, les 1 er mars 1879, 1880,1881 et 1882. Il reste donc 171 séries en circulation.

Ce mode de remboursement par séries offrait, pour les tirages, des facilités dont a dû certainement tenir compte le Ministère des Finances qui y vit aussi une condition de sécurité pour le public comme pour lui.

L’opération du tirage devenait en effet d’une grande simplicité. Il ne s’agissait plus que d’introduire dans une urne 175 numéros qui en devaient être extraits pendant une période de 75 ans; on n’avait pas affaire à une masse énorme de numéros dont l’extraction donne lieu souvent à des erreurs qui ne sont reconnues que lorsqu’elles sont presque irréparables ; on n’avait même plus à songer à conserver les roues de tirage, rien n’étant plus commode que de placer à chaque tirage annuel dans une roue unique les numéros non encore sortis.

Il est facile, dès lors, de se rendre compte immédiatement des avantages certains qu’offre le 3 0/0 amortissable sur le

3 0/0 ancien et d’évaluer la différence de cours qui devrait exister entre les deux rentes.

Un capitaliste qui pourrait se procurer 171 coupures de 15 fr. de rentes amortissables, dans chacune des 171 séries restantes, achèterait conséquemment 2,665 fr. de rentes. Au cours de 80 fr. 50, ces 2,665 fr. de rentes lui coûteraient 71,510 fr.

Il aurait, tous les ans, un titre de rente de 15 fr. qui sortirait remboursable à 500 fr. soit avec un bénéfice au remboursement de 97 fr. 50.

Ce bénéfice de 97 francs 50 peut donc être considéré comme un accroissement de revenu, puisque, tous les ans, le même bénéfice se représente. C’est donc, en réalité, 97 fr. 50 de rentes nouvelles qui viennent s’ajouter aux 2,665 fr. de rentes achetées, soit, au total, 2,762 fr. 50 de rentes ayant coûté,-comme on l’a vu plus haut, 71,510 fr.

Que coûteraient, en rente 3 0/0 ancienne, 2,762 fr. 50 de rentes à 80 fr, ? Exactement 73,666 fr. 66 soit, 2, 156 fr. de plus. Si donc la différence de cours entre 2,762 fr. 50 de rentes 3 0/0 ancienne et amortissable est de 2, 156 fr., la différence qui devrait exister entre 3 fr. de 3 0/0 ancien et 3 fr. de 3 0/0 amortissable devrait être de 2 fr. 34.

Lorsque le 3 0/0 ancien est à 80 fr. le 3 0/0 amortissable devrait valoir, conséquemment, 82 fr. 34, alors qu'il se négocie seulement à 80 fr. 50.

On peut encore chiffrer, par un calcul différent, la valeur des deux rentes.

Au cours de 80 fr., le30/0 ancien rapporte net3,75 0/0. Au cours de 80 fr. 50,1e 3 0/0 amortissable rapporte, comme intérêts, 3 fr.

11 donne, en outre, 19 fr. 50 de bénéfice au remboursement, pouvant avoir lieu, d’ici 71 ans; cette prime éventuelle de

Les coupures dans les séries.

Rente 3 0/0 ancienne rente 3 0/0 amortissable.

Autre calcul

remboursement représente 0,274 par an. On a donc, revenu et prime d’amortissement compris, 3 fr. 274 par an pour un déboursé de 80 fr. 50, ce qui représente 4,06 0/0. En tenant compte de la prime annuelle au remboursement, le 3 0/0 amortissable rapporte donc 0,31 0/0 de plus que le 3 0/0 ancien.

Première conclusion. La première conclusion qui se dégage des chiffres qui précèdent est que la rente amortissable doit être préférée, par les capitalistes, à la rente 3 0/0 ancienne, soit qu’ils échangent du 3 0/0 ancien contre du 3 0/0 amortissable, soit qu’ils achètent du 3 0/0 amortissable, au lieu de mettre en portefeuille du 3 0/0 ancien.

Deuxième conclusion. La seconde conclusion est que, si la nécessité obligeait le Gouvernement à faire appel au crédit, un emprunt effectué en rentes amortissables serait pour lui, en ce moment, bien plus coûteux qu’en rentes 3 0/0 anciennes, puisque les deux rentes se négocient à peu près aux mêmes cours.

Dans les conditions actuelles cette rente amortissable est en effet fort lourde pour PEtat. Lors de la première émission qui en fut faite en 1878, le capital emprunté s’éleva à 439,878,545 francs.

Ce que coûte, en Cet emprunt aura, jusqu’à parfait amortissement, coûté

l’emprunt 3 de ^îsTs ^1 ,184,510 francs, c’est-à-dire trois capitaux pour un: il aura fallu payer en intérêts 821,334,510 fr. et en remboursements annuels, pendant 75 ans, 549,850,000 fr.

Ce qu’il coûte comme L’amortissement pèse donc beaucoup sur le Trésor Public, amortissement. j) e jgyg ^ 1907 cet amortissement exige annuellement

3,142,000 fr.

De 1908 à 1925, 6 millions 284,000 fr. ;

De 1926 à 1939, 9,426,000 fr. ;

De 1940 à 1945,1 2,568,000 fr. ;

De 1945 à 1950, 15,710,000 fr. ;

De 1951 à 1953, terme final du remboursement, 18,852,000 fr.

Pour que le Gouvernement ait intérêt à etnprunter en rentes amortissables, il faut qu'il puisse émettre ou vendre cette rente amortissable plus cher qu'il n émettrait ou vendrait une autre rente non remboursable , et qu'il prélève sur les capitaux fournis par l'émission , les sommes nécessaires au remboursement de son emprunt .

On voit que nous n’en sommes pas là. Tant que l’écart entre les deux 3 0/0 est aussi faible, le public doit préférer le 3 0/0 amortissable au 3 0/0 ancien ; l’Etat, de son côté, doit s’abstenir de toute émission en rentes amortissables, car c’est pour lui le mode d'emprunt le plus onéreux.

I/intérêt

du gouvernement.

L’intérêt des rentiers

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