‹ La Reposition Sanglante du Semi-Lunaire: Sa Technique - Ses IndicationsChapitre 31 sur 32 · OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII

(Obs. de Melville Chase et Codman, rapportée dans la thèse de Tavernier, en 1906)

Enucléation du semi-lunaire à 90° avec fracture de l’apophyse styloide du cubilus.

- J.-A. F.., âgé de 34 ans, ouvrier de filature: Ce malade fut mis en observation le 20 mai 1903. Environ 6 semaines avant, il était tombé en bas d’un escalier et sa main s'était trouvée prise sous lui. Son medecin lui appliqua une attelle à ce moment et la lui laissa pendant plusieurs semaines. Aucune amélioration ne se produisit, Au moment de mon exament la main droite était hors d'usage. Les doigts étaient raidis en demi-flexion et ne pouvaient ni s'étendre, ni être fléchis activement ou passivement saus lui causer de la douleur.

Il n’y avait pas grande enflure, mais le poignet du côté blessé paraissait nettement plus court que l’autre. Il y avait une légère proéminence sous les tendons fléchisseurs, au niveau de l’extrémilé inférieure du radius ressemblant à la déformation en dos de fourchette. Le poignet était sensible, surtout du côté de la paume, les relations des apophyses sty-

loïdes étaient normales. Ces mouvements de l'articulation étaient très limités. La radiographie montre une luxation du semi-lunaire en avant et une fracture de l’apophyse styloïde du cubitus ; la concavité du semi-lunaire était dirigée en avant.

Je donnai de l’éther au malade et essayai de réduire le semi-lunaire luxé ; quoique l’os fut apparemment réduit, il ne fut pas maintenu par l’attelle et la radiographie prise après la réduction supposée montra que l’os était encore luxé. La semaine suivante, je donnai de nouveau de l’éther au malade et j’essayai sans succès de réduire et de maintenir l’os. Mais à la 3° tentative je détruisis avec le bistouri des adhérences qui se trouvaient à la face antérieure du semi-lunaire et je pus, en saisissant l’os avec une pince le réduire parfaitement. Le soulagement fut immédiat. En peu de mois les doigts avaient recouvré la plus grande partie de leur flexibilité et l’articulation elle-même pouvait fournir une étendue considérable de mouvement. Le malade recommença à travailler 2 semaines après sa sortie de l’hôpital (25 jours après l'opération), et depuis il a travaillé chaque jour. Le 30 janvier 1904, il n’éprouvait aucune sensibilité ni enflure, mais le poignet était décidément raide, les arcs normaux de flexion et d'extension étaient limités à environ la moitié de leur étendue normale, et les mouvements latéraux à un tiers. L’étreinte était bonne quoique légèrement limitée quand il s’agissait de saisir de petits objets, par exemple un porte-mine. Son poignet ne l’empêche pas de travailler, mais il a l’impression d’avoir soulevé un poids considérable. Il n’éprouve pas de douleur et se montre satisfait. La radiographie prise à cette date montre que le semi-lunaire, tout en étant revenu à sa place, se trouve un peu plus en avant que sa situation normale, indiquant que son bord postérieur n’est pas rattaché aux! ligaments en arrière aussi bien que primitivement.

Page 1