INTRODUCTION XIX
applications composées, trouver la satisfaction de son invincible besoin de progrès ! ». Il semble que ce soit plutôt dans l'application des idées qu'il convienne de perfectionner. Il faut prendre corps à corps le suffrage universel qui, à l'heure présente, est un fait irrémédiablement acquis, et qui forme la clef de voûte du régime représentatif. Un beau jour, on l’a donné au pays qui l’a adapté à ses formes politiques peu propres à cet usage. Cependant, ou passa outre. Le pays en souffre tou- Jours.
Il faut donc se résoudre à une modification de l’organisation électorale. D'’arbitraire, d’administrative qu'elle est, on la fera issue des entrailles mêmes de la nation. Sur ces bases nouvelles, on pourra « organiser la grande force inorganisée qui s’appelle le suffrage universel? ». Voilà la transformation rêvée par ceux qui veulent introduire dans le droit électoral la représentalion des intérêts.
Leurs études, leur activité de propagande, leur talent méri1tent qu'on leur prête attention, ne serait-ce déjà que parce qu'ils s'inquiètent de la politique. Celle-ci, en effet, « aujourd'hui, en République, et sous le régime du suffrage universel, n’est plus une chose particulière et accessoire, une forme isolée d'activité publique n'intéressant qu’une classe d'hommes, mais elle est la chose et l'intérêt de tous ; la vie politique, c’est la manifestation même de la vie morale de la nation et celui qui se préoccupe de celle-ci ne saurait vouloir ignorer celle-là ».
Alors, n'est-il point attristant de constater que la démocrate française a pour « défaut favori » d’être superficielle ! Et que n’est-on pas tenté de penser, d’après sa vie politique, de sa vie morale |
1 Nouvel organisme de la souverainelé nationale en France, p. 12.
2 De Greef, la Constituante et le régime représentalif. 3 À. Sabatier, Journal de Genève, du 26 septembre 1897,
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