INTRODUCTION VII
née et a grandi en enfant de la rue, séduisante, mais dangereuse. La révolution démocratique restait un mal parce qu'elle ne s'était produite que dans les choses et non dans les mŒUrsS, les idées et les lois.
En présence d'une pareille détresse, Renan se demandait : « Quel est pour la France le défaut favori dont il importe avant tout qu'elle se corrige ? » Et il trouvait une réponse qui ouvre comme un champ d’études et de réformes immense au droit public interne ; il disait : Ce défaut favori, « c'est le goût de la démocratie superficielle! »
Les savants et les publhcistes lui font écho. Les plus acharnés à proclamer la faillite de la démocratie et du régime représentatif sont ceux qui ont toujours dénoncé le caractère superficiel de leur principe même.Cependant, en dehors de ce groupe d’adversaires, les préoccupations sont sérieuses. Mais on ne s’est pas contenté de constater le mal. On veut y remédier. Si les uns s’en prennent aux règlements intérieurs des Chambres, d’autres condamnent le parlementarisme lui-même, ou mieux la façon dont il est pratiqué en France et l'instabilité ministérielle dont elle est cause. D’autres encore désirent une réforme du personnel légiférant. Certains déplorent l'introduction du suffrage universel, et beaucoup, songeant qu’il faut prendre le mal à sa racine, examinent la situation du corps électoral.
Et voici quel est ce corps électoral, à l'heure présente : une somme d’unilés parquées dans les limites de circonscriptions administrativement tracées. Telle est l’œuvre de la Constituante. Hostile à la monarchie, elle a remplacé cette forme de gouvernement par la démocratie qui peut être
« représentée très exactement comme une monarchie renver-
1 Réforme intellectuelle el morale de la France, p. 64.