‹ La représentation des intérêts: dans les corps élusChapitre 5 sur 47 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

Formule, en effet, et rien de plus. Les inégalités, ou si l’on veut ne considérer qu’un seul plan, les différenciations se produisent malgré tous les obstacles et toutes les règles. Seulement elles doivent à la compression subie d’avoir perdu de leur puissance bienfaisante. C’est le pays entier qui en pâtit, puisqu'il a rabaissé des forces effectives et précieuses, sans élever les hommes de moindre valeur.

Ainsi, les idées de la Révolution ont tourné à l'encontre de ses visées. Les individus n’ont été ni plus libres, ni plus forts.

L'État n’a point eu de peine à mettre sur eux une main inévitablement trop lourde. On n’a vu «devant l'État impersonnel, armé de la toute-puissance de la loi, que des individus sans cohésion les uns avec les autres, sans organisation capable de les protéger contre les excès de la loi! ».

Non seulement le citoyen ne peut résister, mais l'initiative lui est parcimonieusement accordée. Il vote étant un être quelconque, et c'est tout. S'il a des besoins, des intérêts qui tiennent à sa situation sociale, économique, territoriale, nul moyen spécial ne lui est fourni pour les faire connaître et obtenir leur satisfaction. Tout ce qu'il y a de particulier, d’intime, de palpitant dans sa vie est méconnu. Il est un individu, et rien de plus.

Mais va-t-1l au moins trouver un appui dans le groupement électoral auquel sa résidence le rattache? Y trouvera-t-1l un milieu qui réponde à ses aspiralions surgies de sa fonction

dans le pays, de ses origines, de ses souvenirs? — Non, certes;

1 Séverin de la Chapelle, Nouvel organisme de la souverainelé nationale en France, p. 8. « Le Gouvernement est l'organe du droit, mais la liberté est l'objet du droit. Et l'objet de la liberté elle-même, c'est la vie. Voilà pourquoi la liberté a de telles racines au cœur de l'homme. Elle est l’homme... Est-ce que les formes de la liberté et du droit ne sont pas les formes mêmes de la vie qui s'élève, se multiplie, se diversifie au sein d'un milieu social plus complexe et plus riche. » (Charles Dollfus, le Dix-neuxième siècle, p, 278.)

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